Résumé 104


Cancer de la prostate et inhibiteurs de PARP : à propos d’un cas

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
Leclerc Pauline (Service pharmacie 26 rue d'Ulm 75005 Paris) | Lalli Alexandre (Service pharmacie 26 rue d'Ulm 75005 Paris) | Hurgon Audrey (Service pharmacie 26 rue d'Ulm 75005 Paris) |

Introduction

Olaparib (inhibiteur de la 1-poly(ADP-ribose)polymérase (PARP)) est actuellement indiqué dans le cancer de l’ovaire, des trompes et du péritoine chez les patientes BRCA muté. Les PARP sont impliquées dans les mécanismes de réparation de cassures simple brin de l’ADN. BRCA1 et 2 sont des gènes de prédisposition au cancer. BRCA participent à la réparation des lésions d’ADN et la présence de mutation perturbe ce fonctionnement, augmentant le risque de cancer. La transmission est autosomique dominante. Le risque de développer un cancer prostatique est doublé en cas de mutation BRCA1 et multiplié par 5 à 7 en cas de BRCA2 avec des cancers plus agressifs. La synergie ‘mutation BRCA’ et ‘inhibition PARP’ empêchant la réparation est appelée létalité synthétique.

L’objectif est de décrire un cas de cancer prostatique traité par olaparib hors autorisation de mise sur le marché.

Matériels et méthodes

Le dossier du patient est étudié et une revue de littérature est effectuée dans cette indication.

Résultat

En 2003, un homme de 62 ans  est diagnostiqué d’un adénocarcinome localement avancé (stade T3B) très agressif (score Gleason 8). Devant le contexte familial de cancer du sein héréditaire et de nombreux échecs thérapeutiques (prostatectomie, hormonothérapies, taxanes et alkylants) une consultation oncogénétique est proposée. Une mutation BRCA2 est mise en évidence.

En mai 2016, le patient est en progression biologique (PSA : biomarqueur tumoral prostatique) et ganglionnaire.

Selon une étude de phase II,  olaparib était utilisé chez des patients atteints de cancers prostatiques BRCA mutés en monothérapie à 800 mg : 4/8 avaient répondu (réponse partielle selon les critères RECIST), 2 autres restaient stables à 8 semaines (Journal of Clinical Oncology 2015) et selon une étude de phase I à des posologies de 300 à 600 mg : 3/4 répondaient biologiquement (Annals of Oncology 2013). 2 études de phase III sont en cours avec olaparib et rucaparib, un autre inhibiteur de PARP.

Olaparib est alors initié après décision en réunion de concertation pluridisciplinaire à 600 mg en association à l’hormonothérapie (bicalutamide et leuproréline).

Pour des raisons de tolérance (fatigue, troubles digestifs) la posologie est diminuée en août 2016 à 400 mg puis réaugmentée à 600mg (mai 2017) après une légère remontée du PSA (12.5ng/ml).

Après plus d’un an de recul, une réponse biologique au traitement est constatée avec une diminution franche du PSA de plus de 58% (25,87ng/ml à l’initiation à 10.81ng/ml nadir en février 2017) les images des ganglions restent stables avec un maintien du statut OMS à 0 et une bonne tolérance (seule une légère asthénie).

Discussion - conclusion

En l’absence de recommandation sur la durée de traitement et au vue de la réponse clinique, le traitement est maintenu chez ce patient.

Les résultats d’études cliniques  de phase III sont vivement attendus pour ces cancers résistants BRCA mutés.