Résumé 112


Radiation de la liste de rétrocession de médicaments rétrocédables en oncologie : problématiques pour l’hôpital et les patients

Thématique : Organisation hospitalière

Auteur(s) :
Fayard Claire (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) | Genevée Thomas (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) | Bourquard Marie-Anne (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) | Friou Mallory (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) | Lafay Marion (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) | Giard Caroline (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) | Escalup Laurence (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) | Ferry Isabelle (35 Rue Dailly 92210 Saint Cloud) |

Introduction

La rétrocession de médicaments désigne la dispensation de médicaments par une pharmacie à usage intérieur (PUI) à des patients ambulatoires (art L.5126-4 du CSP). La liste des médicaments rétrocédables est définie par arrêté du ministère de la santé après avis de l’ANSM et fait l’objet d’une mise à jour régulière.  Dès l’inscription au Journal Officiel (JO) d’une spécialité sur la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux (LSPRAAS),  elle est radiée de la liste des médicaments rétrocédables et devient disponible uniquement en officine de ville (sauf exception).

Quelles sont les problématiques associées au passage en ville de médicaments rétrocédables en oncologie pour l’hôpital et les patients ?

 

Matériel et méthode

Analyse des difficultés fréquemment rencontrées lors du passage en ville d’anticancéreux rétrocédables dans un centre de lutte contre le cancer (CLCC), l’Institut Curie.

 

Résultats

Bien que les médicaments rétrocédés dans un CLCC soient souvent des molécules onéreuses, on dispose dans notre établissement d’un stock conséquent permettant de limiter les commandes et d’éviter les ruptures préjudiciables aux patients. Tout arrêté modifiant la LSPRAAS prend effet à compter du 4ème jour suivant la date de sa publication au JO. Autrement dit, il n’y a plus de remboursement des médicaments rétrocédés au-delà de cette date. Cela a des conséquences financières pour l’hôpital et sanitaires pour le patient.

D’une part, tous les pharmaciens/médecins hospitaliers ne sont pas informés en temps et en heure par le laboratoire pharmaceutique de l’officialisation du passage en ville de spécialités. Les médicaments devenus non rétrocédables ne seront pas écoulés en l’absence de reprise par le laboratoire. Ils devront être pris en charge par l’hôpital (coût de plusieurs dizaines de milliers d’euros).

D’autre part, les patients sont souvent informés tardivement du passage en ville de leur médicament, à l’occasion de leur venue en rétrocession. La méconnaissance du nouveau circuit du médicament par les pharmaciens d’officine et grossistes répartiteurs est à l’origine d’un délai de mise à disposition du médicament. Il existe une période transitoire (permanente dans certains cas) au cours de laquelle le pharmacien d’officine ne peut se procurer le médicament qu’auprès du fabricant/distributeur (délai de livraison de 48h au minimum). Ainsi, la continuité des soins est parfois mise à mal et peut être source d’angoisse et fatigue inutiles pour le patient.

 

Discussion/conclusion

Face à ces problématiques financières et sanitaires, différentes pistes peuvent être envisagées :

  • Mise en place d’un système d’information efficient de tous les professionnels de santé
  • Reprise obligatoire du stock de traitement restant par le laboratoire / dédommagement de l’hôpital
  • Prolongation de la durée durant laquelle le médicament peut rester rétrocédable
  • Mise en place systématique d’un double circuit avec une primo dispensation à la PUI (expertise du pharmacien hospitalier) puis des dispensations ultérieures en officine de ville
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