Résumé 122


CHIMIOTHERAPIE HYPERTHERMIQUE INTRA-PERITONEALE A LA MITOMYCINE EN FRANCE : ENQUÊTE DE PRATIQUES

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
BARTY Lionel (Service de pharmacie Hôpital Lariboisière) | LECEFEL Christophe (Service de pharmacie Hôpital Lariboisière) | EVENO Clarisse (Service de chirurgie digestive Hôpital Lariboisière) | POCARD Marc (Service de chirurgie digestive Hôpital Lariboisière) | BARRETEAU Hélène (Service de pharmacie Hôpital Lariboisière) | TROUT Hervé (Service de pharmacie Hôpital Lariboisière) |

INTRODUCTION

La chimiothérapie hyperthermique intra-péritonéale (CHIP) associée à la chirurgie de cytoréduction a permis d’améliorer la survie des patients atteints de carcinose péritonéale (CP). Elle est le « gold standard » de la prise en charge de cette pathologie. L’oxaliplatine et la mitomycine C (MMC) sont les principes actifs (PA) les plus utilisés. Alors que les CHIP à l’oxaliplatine sont standardisées en France, la procédure avec la MMC n’est pas uniforme.
L’objectif de ce travail a été de réaliser une enquête de pratique et d’en analyser les différences.

MATERIELS ET METHODES

Elaboration d’un questionnaire ciblant six paramètres clés de la CHIP : méthode chirurgicale, dose de MMC, diluant utilisé pour le bain de chimiothérapie, rythme d’administration de la dose de MMC, température, temps de contact.
Diffusion du questionnaire par e-mail aux chefs de services pratiquant la CHIP en France sélectionnés via le réseau national de prise en charge des tumeurs rares du péritoine.
Recueil en parallèle de la proportion de CHIP à la MMC sur le nombre de CHIP totales effectuées, ainsi que des indications retenues.

RESULTATS

Sur 20 centres consultés, 13 ont répondu. La proportion de CHIP à la MMC réalisées s’étend de 5 à 90 % (médiane à 20 %).

  • Méthodes chirurgicales : ouverte (n=9), fermée (n=2), semi-ouverte (n=2).
  • Doses : selon la surface corporelle : 35 mg/m²  (n=7), 30 mg/m² (n=3), 10 – 12 mg/m² (n=1), selon le morphotype du patient avec solution à 20 mg/L (n=1), dose fixe avec solution à 90 mg/3L (n=1).
  • Diluants : NaCl 0,9 % (n=9), Glucose 5 % (n=2), Dianéal (n=1), Ringer (n=1).
  • Rythme d’administration : dose totale administrée en une fois dès température optimale atteinte (n=10), administration séquentielle (n=3).
  • Température : [42 – 43°C] (n=3), 42,5°C (n=3), 43°C (n=2), [42 - 44°] (n=2), [41-42°C] (n=1), [41,5-43°C] (n=1), [43-44°C] (n=1).
  • Temps de contact : 90 min (n=4), 60 min (n=3), 45 min (n=3), 30 min (n=3) avec médiane à 60 min.
  • Indications : CP colorectale (n=13), pseudomyxome péritonéal (n=8), CP gastrique (n=4), neuropathie à l’oxaliplatine de grade ≥2 (n=7), allergie à oxaliplatine (n=6), récidive après CHIP à l’oxaliplatine (n=3).

DISCUSSION CONCLUSION

La méthode chirurgicale ouverte est la plus utilisé car elle permettrait une meilleure exposition péritonéale à la MMC. La méthode semi-ouverte combinerait les avantages des précédentes (sécurité, accessibilité). Cependant, il n’existe aucune étude comparant les méthodes. Les centres semblent d’accord sur la température (effet cytotoxique direct sur les cellules cancéreuses à température ≥ 43°C et potentialisation de l'action de la MMC) et le diluant (stabilité de la MMC connue dans le NaCl 0,9 %). Notre étude montre le manque d’uniformisation des protocoles CHIP à la MMC sur le temps de contact et les doses utilisées. Ce travail devra être poursuivi par une étude clinique afin de définir les paramètres donnant la meilleure réponse et tolérance.