Résumé 131


Évaluation de la pertinence des interventions pharmaceutiques réalisées sur les prescriptions de chimiothérapies anticancéreuses injectables par l’échelle tridimensionnelle « CLEO »

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Préta Laure-Hélène (33 rue Notre-Dame 77320 LESCHEROLLES) | Zilavec Marie-Agnès (CH Soissons 46 Avenue du Général de Gaulle 02200 Soissons) | Montembault Sarah (CH Soissons 46 Avenue du Général de Gaulle 02200 Soissons) | Naine Claire (CH Soissons 46 Avenue du Général de Gaulle 02200 Soissons) | Svrcek Géraldine (CH Soissons 46 Avenue du Général de Gaulle 02200 Soissons) |

Introduction

L’unité de préparation des chimiothérapies de notre établissement effectue une validation informatisée des prescriptions de médicaments anticancéreux injectables via le logiciel CHIMIO®. L’objectif de ce travail est de quantifier les interventions pharmaceutiques réalisées et de faire évaluer leur pertinence.

Matériels et Méthodes

Les non conformités constatées lors de l’analyse pharmaceutique des prescriptions de chimiothérapies ainsi que les interventions pharmaceutiques associées ont été étudiées de façon rétrospective sur 18 mois. De janvier 2016 à fin juin 2017, le fichier Excel® de saisie des non conformités complété au fur et à mesure par le pharmacien a été analysé. La pertinence des interventions pharmaceutiques réalisées a été évaluée par le médecin chef de service d’oncologie à l’aide de l’échelle tridimensionnelle « CLEO » élaborée par la Société Française de Pharmacie Clinique (SFPC). Cette échelle a permis d’évaluer l’impact clinique, économique et organisationnel des interventions pharmaceutiques concernant les prescriptions de chimiothérapies.

Résultats

Sur la période étudiée, 49 non conformités de prescription ont été relevées et regroupées selon le type d’erreur. La majorité des interventions pharmaceutiques (IP) a concerné des oublis ou erreurs de réduction de dose (14 IP), des erreurs de sélection informatique de jour du cycle (17 IP) ou des erreurs de sélection de protocole (17 IP). Pour les erreurs de protocole, la cotation de l’IP a été détaillée pour chacune, car selon l’erreur et le protocole concerné, les impacts étaient différents. Pour chaque IP, un appel téléphonique a été passé au prescripteur pour corriger la prescription avant fabrication de la poche. L’impact des IP a ensuite été évalué par le médecin chef de service d’oncologie grâce à l’échelle « CLEO ». 92% des IP ont été jugées comme ayant un impact clinique favorable sur une échelle de cotation allant d’un impact clinique mineur à vital. Aucune IP n’a été considérée comme cliniquement nuisible. 59% des IP ont permis une réduction du coût de la prise en charge médicamenteuse. Au niveau organisationnel, 100% des IP ont été considérées comme d’impact favorable.

Discussion/Conclusion

Ces résultats nous ont permis de constater l’importance de l’analyse pharmaceutique des prescriptions de médicaments à haut risque de toxicité telles que les chimiothérapies injectables et de confirmer l’intérêt de la participation du pharmacien aux Réunions de Concertation Pluridisciplinaire (RCP). En effet, même si un compte-rendu de RCP est rédigé, il n’est pas toujours accessible rapidement dans le dossier informatisé et la présence physique du pharmacien en RCP lui permet d’obtenir des informations orales supplémentaires et de participer aux échanges concernant différentes problématiques du  patient. Enfin, l’analyse et la présentation de ces résultats au chef de service d’oncologie nous ont permis de planifier un bilan des IP réalisées, à présenter tous les 6 mois au service concerné afin de trouver des axes d’amélioration.