Résumé 138


Prescriptions de chimiothérapies anticancéreuses injectables : intérêt de la présence du pharmacien en RCP et de l’utilisation d’une fiche de suivi nominative dans l’analyse pharmaceutique

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Préta Laure-Hélène (33 rue Notre-Dame 77320 LESCHEROLLES) | Zilavec Marie-Agnès (CH Soissons 46 Avenue du Général de Gaulle 02200 Soissons) | Naine Claire (CH Soissons 46 Avenue du Général de Gaulle 02200 Soissons) | Svrcek Géraldine (CH Soissons 46 Avenue du Général de Gaulle 02200 Soissons) |

Introduction

Au sein de l’unité de préparation des chimiothérapies de notre établissement, le logiciel CHIMIO® constitue à la fois le support de prescription de médicaments anticancéreux injectables et de validation pharmaceutique. L’objectif de ce travail est de quantifier et d’analyser les interventions pharmaceutiques (IP) liées à la présence du pharmacien en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) et à la tenue d’une fiche de suivi nominative par patient.

Matériels et Méthodes

Le fichier Excel® de saisie des IP réalisées lors de l’analyse pharmaceutique des prescriptions de chimiothérapies complété par le pharmacien de janvier 2016 à fin juin 2017 a été analysé. Un tri a été réalisé pour ne conserver que les erreurs de prescriptions évitées par la présence du pharmacien en RCP et la tenue d’une fiche de suivi nominative (27.5% des IP réalisées). Cette fiche de suivi nominative papier est initialement complétée par le pharmacien en RCP qui note la chimiothérapie prévue ainsi que toute information susceptible d’être utile pour la prise en charge du patient. Puis à chaque venue du patient, le pharmacien renseigne la date, le numéro et jour du cycle, la chimiothérapie préparée, l’ajustement des doses et les éventuels motifs de report. Même si certaines informations renseignées sont également présentes dans le compte-rendu de RCP ou dans CHIMIO®, cette fiche permet au pharmacien d’identifier beaucoup plus rapidement une incohérence entre la prescription dans CHIMIO® et la chimiothérapie prévue en RCP ou l’historique thérapeutique du patient.

Résultats

Sur la période étudiée, 49 IP concernant des erreurs de prescription ont été réalisées. 17 erreurs de choix de protocole ont été identifiées en particulier grâce à la présence au préalable du pharmacien en RCP, qui a pu détecter une incohérence entre la chimiothérapie prescrite et la chimiothérapie validée en RCP. Il s’agissait de prescription de la mauvaise molécule, de périodicité d’administration incorrecte, d’oubli ou de prescription à tort d’une molécule et d’erreur dans le choix de la voie d’administration. Les 32 autres IP réalisées ont concerné des oublis ou erreurs de réduction de doses, des erreurs de jour du cycle, ou encore la programmation d’un patient à une mauvaise date. Pour chaque erreur, le prescripteur a été appelé avant fabrication de la poche pour correction de la prescription.

Discussion/Conclusion

Ces résultats démontrent l’importance de l’analyse pharmaceutique des prescriptions de chimiothérapies anticancéreuses ainsi que l’intérêt de la présence du pharmacien en RCP et de la tenue d’une fiche de suivi nominative. En effet, le compte-rendu de RCP n’est pas toujours accessible rapidement dans le dossier informatisé et la présence physique du pharmacien en RCP lui permet d’obtenir et d’apporter des informations supplémentaires notamment sur l’historique thérapeutique du patient. Enfin, une cotation de l’impact de ces IP par les oncologues nous permettra d’en évaluer la pertinence.