Résumé 147


LES BIOSIMILAIRES : UN PEU, BEAUCOUP… PAS PARTOUT !

Thématique : Organisation hospitalière

Auteur(s) :
MOLINIER Alicia (Centre Hospitalier Intercommunal du Pays de Cognac service Pharmacie 65 av. d’Angoulême CS 50264 Chateaubernard 16100 Cognac) | CHOURBAGI Alexandre (Centre Hospitalier Intercommunal du Pays de Cognac service Pharmacie 65 av. d’Angoulême CS 50264 Chateaubernard 16100 Cognac) | ROULLET RENOLEAU François (Centre Hospitalier Intercommunal du Pays de Cognac service Pharmacie 65 av. d’Angoulême CS 50264 Chateaubernard 16100 Cognac) | CHENEVIER Delphine (Centre Hospitalier Intercommunal du Pays de Cognac service Pharmacie 65 av. d’Angoulême CS 50264 Chateaubernard 16100 Cognac) |

Introduction

Les biosimilaires représentent une source certaine d’économies (30 millions d’€ d’économies prévues en 2017[1]). L’adhésion des professionnels de santé à l’égard des biosimilaires  reste toutefois modérée[2]. Une enquête diligentée par notre association régionale de pharmaciens hospitaliers a été réalisée afin d’identifier d’éventuels obstacles pharmaceutiques à l’utilisation des biosimilaires dans les établissements de 4 départements.

Matériels & méthodes

Un questionnaire a été diffusé à 21 établissements publics MCO et SSR en 2016, comprenant une première partie sur le référencement des biosimilaires commercialisés en 2016 (Anticorps, insulines, EPO et G-CSF) et le nombre d’unités délivrées ; la seconde partie concernant les modes de communication adoptés auprès des prescripteurs pour favoriser le recours aux biosimilaires et les modalités de substitution institutionnelles.

Résultats & discussion

Au total, 11 établissements sur les 21 ont répondu. Un biosimilaire d’infliximab est référencé dans 100% (7/7) des établissements concernés et représente 33% du nombre total d’unités délivrées sur l’ensemble des établissements répondeurs en 2016 (n=1547/4756). Un biosimilaire d’insuline glargine est présent dans 3/11 établissements et représente seulement 0,3% des dispensations d’insuline d’action lente (n=29/11010). Les modalités de substitution par les biosimilaires sont très hétérogènes entre établissements et entre biosimilaires. Pour 100% des établissements, aucune stratégie n’a été décidée pour le biosimilaire de l’insuline. Concernant l’infliximab, la plupart les utilisent préférentiellement en initiation de traitement ; 57% (4/7). Néanmoins, 82 % (9/11) des centres ont validé la substitution systématique de filgrastim et de l’époétine par un biosmilaire, probablement du fait d’un recul plus important par rapport aux autres biosimilaires et de durées de traitement plus courtes. Concernant la communication, le terrain privilégié par 55% des répondants, où le biosimilaire représente 26% des dispensations d’infliximab, est l’information faite en COMEDIMS. Les limites de ce mode de communication sont connues et concernent principalement la faible participation des spécialistes concernés. 3/11 établissements utilisent le staff dans les unités de soins, choix qui apparaît plus pertinent et adapté puisque le biosimilaire représente 43% des dispensations d’infliximab dans ces 3 centres. 2/11 établissements n’ont pas mis en place de stratégie de communication, cela concerne les 2 établissements où la substitution systématique n’est pas utilisée pour le filgrastim et l’époétine.

Conclusion

Il semble nécessaire d’harmoniser nos pratiques de substitution en privilégiant la communication à travers des staffs par spécialité afin de rendre leur promotion plus lisible, tant pour les prescripteurs que pour les patients. En ce sens, l’Omedit régional a développé des outils d’information pour les professionnels de santé et pour les patients. Cette enquête nous prépare à l’arrivée prochaine des biosimilaires dans les thérapeutiques de l’oncologie, notamment avec le rituximab attendu fin 2017.

[1] PLFSS 2017

[2] ANSM. Etat des lieux sur les médicaments biosimilaires. 2016