Résumé 15


Etude d’une activité de pharmacie clinique au sein d’une unité d’oncologie ambulatoire

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Willmannn Olivier (Pharmacie Interjurassienne Beausite 49 CH-2740 Moutier) | Brulhart Mélanie (Pharmacie Interjurassienne Beausite 49 CH-2740 Moutier) | Wermeille Joël (Pharmacie Interjurassienne Beausite 49 CH-2740 Moutier) |

  • Introduction

Grâce à une implication croissante en oncologie, les données relatives à l’impact du pharmacien clinicien dans ce secteur peuvent être consolidées. Cette étude avait pour objectif d’évaluer la plus-value d’une activité de pharmacie clinique dans l’amélioration de la prise en charge médicamenteuse des patients bénéficiant d’un traitement par thérapie « ciblée » per os.

  • Matériels et méthodes

Etude prospective, menée entre juin et décembre 2016. Chaque patient bénéficiait de deux consultations pharmaceutiques comprenant une analyse de l’ensemble de son traitement (consultation n°1) et un renforcement de ses connaissances relatives au traitement anti-cancéreux prescrit (consultation n°1 et 2). Tous les patients âgés de 18 ans ou plus, bénéficiant d’un traitement par thérapie « ciblée » per os étaient inclus dans l’étude. Le taux de Drug Related Problem (DRP), définis selon la grille d’évaluation PCNE version 6.2, était retenu comme critère de jugement primaire ; le renforcement des connaissances du patient comme critère de jugement secondaire.

  • Résultats

Vingt et un patients ont été inclus dans l’étude et 13 molécules anticancéreuses prescrites. Un ou plusieurs DRP ont été détectés chez 71% des patients, pour un total de 35 DRP (0-5 DRP par patient). Selon la classification ATC de l’OMS, les médicaments les plus concernés appartenaient au groupe « A » (34.3%) et « N » (22.9%). Les anticancéreux étaient impliqués dans 17.1% des DRP. Selon la classification PCNE, les problèmes principaux concernaient des effets indésirables (34.3%) et des traitements non indiqués (22.9%). Les causes de DRP les plus fréquentes étaient des traitements discutables ou non appropriés pour le patient (59%), ainsi que des dosages non adaptés au contexte clinique (23%). Le taux d’acceptation des interventions auprès des oncologues s’est élevé à 82% ; 45% des DRP ont conduit à un changement de la médication. Le taux de patients utilisant des médicaments non prescrits par l’oncologue ou le médecin de famille s’élevait à 48%. L’oncologue en était averti dans 50% des cas. Les connaissances relatives aux posologies et modalités de prise se sont fortement améliorées entre la consultation n°1 et 2. Les taux de patients ayant acquis ces informations étaient supérieurs à 90%. Néanmoins, au terme de la consultation n°2, les patients semblaient intégrer difficilement les informations relatives aux effets indésirables.

  • Discussion/Conclusion

Les données issues de cette étude confortent la place du pharmacien clinicien dans la prise en charge pluridisciplinaire des patients en oncologie. La satisfaction des patients et oncologues a permis de pérenniser ces consultations pharmaceutiques. Des études complémentaires, à plus large échelle, restent nécessaires afin de disposer de données relatives à un impact en termes d’observance et de gestion des effets indésirables par le patient.