Résumé 153


SUIVI DES PATIENTS DE PLUS DE 70 ANS ATTEINTS D’UN CANCER DIGESTIF ET TRAITES PAR CHIMIOTHERAPIE INJECTABLE.

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Duprat Manon (5 pl d'Arsonval 69003 Lyon) | Castel-Kremer Elisabeth (5 pl d'Arsonval 69003 Lyon) | Do Adro Sylvie (5 pl d'Arsonval 69003 Lyon) | Azzaoui-Cuzon Saïda (5 pl d'Arsonval 69003 Lyon) | Martin-Gaujard Geraldine (5 pl d'Arsonval 69003 Lyon) | Pivot Christine (5 pl d'Arsonval 69003 Lyon) | Gervais Frédéric (5 pl d'Arsonval 69003 Lyon) |

INTRODUCTION : La décision d’une prise en charge anticancéreuse par chimiothérapie intraveineuse chez les personnes âgées est le plus souvent discutée en réunion de concertation onco-gériatrique mais peu d’études spécifiques chez le sujet âgé estiment le rapport bénéfice/risque de ces traitements. Le but de cette étude est d’évaluer l’impact d’une première cure de chimiothérapie dans une population gériatrique.

MATERIELS ET METHODES : Etude rétrospective descriptive sur 2 ans et demi sur des patients gériatriques atteints d’une pathologie cancéreuse de la sphère digestive de plus de 70 ans (éligibles à une évaluation gériatrique) et qui ont débutés leur chimiothérapie à l’hôpital Edouard Herriot entre janvier 2015 et juin 2017.

RESULTATS : La population est constituée de 46 patients dont 29 hommes (63%) avec un âge moyen de 76,8 ans +/- 4,4 ans. Parmi ces 46 patients, 20 (43%) sont atteints par une tumeur pancréatique et 30 (65%) ont une maladie métastatique. Concernant l’histologie des tumeurs, on retrouve 38 (83%) adénocarcinomes, 7 (15%) tumeurs neuroendocrines et un patient atteint des deux formes.

Parmi ces patients, 35 (76%) ont bénéficiés d’une évaluation gériatrique visant à évaluer le bénéfice risque du traitement anticancéreux. On retrouve pour 33 (72%) d’entre eux un score G8 dont la moyenne est de 10,3 +/- 2,7. De plus, ce sont des patients dont l’autonomie est conservée, en effet on retrouve un score ADL (Activities of Daily Living) moyen à 5.5/6 et un score IADL (Instrumental Activities of Daily Living) moyen à 6.4/8. Les protocoles les plus fréquemment retrouvés sont la Gemcitabine (30%), le FOLFOX (24%) et le GEMOX (17%). Le nombre de cures médian avant changement de ligne ou arrêt du traitement, chez les patients sous chimiothérapie palliative (n = 28), est de 6 cures. Chez les patients qui ont reçu plus d’une cure (n = 41), on retrouve 11 diminutions de posologie liées à des toxicités médicamenteuses entre la première et la deuxième cure (27%). Parmi ces 11 patients, 10 avaient reçu une dose pleine lors de leur première cure. Les deux molécules principalement associées à ces diminutions de posologie sont la gemcitabine (46%) et le 5-fluorouracile (31%). Le taux de mortalité toutes causes confondues à 6 mois calculé pour les patients ayant commencé leur traitement avant mars 2017 (n = 38) est de 13.2 %.

 

DISCUSSION/CONCLUSION : Les patients de plus de 70 ans commençant une chimiothérapie sont une population hétérogène mais en bon état général et ayant une autonomie conservée. Les toxicités liées a la 1ier cure sont limitées et portent essentiellement sur la gemcitabine dont une adaptation initiale des doses pourrait être discuté. Il serait intéressant de réaliser une évaluation gériatrique en post-chimiothérapie pour évaluer l’impact réel sur les paramètres gériatriques.

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