Résumé 154


Prise en charge des récidives de glioblastome par l’association bévacizumab-irinotecan : Analyse rétrospective au Centre Paul Strauss

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
ETIENNE-SELLOUM Nelly (Département de Pharmacie Centre Paul Strauss et UMR-7213-CNRS Laboratoire de Biophotonique et Pharmacologie Faculté de Pharmacie Strasbourg) | BESSON Charlotte (Département de Pharmacie Centre Paul Strauss Strasbourg) | WAISSI Waisse (Département de Radiothérapie oncologique Centre Paul Strauss Strasbourg) | VELTEN Michel (Département d’épidémiologie et biostatistiques Centre Paul Strauss Strasbourg) | SCHOTT Roland (Départemet d'oncologie médicale Centre Paul Strauss Strasbourg) | PREBAY Danielle (Département de Pharmacie Centre Paul Strauss Strasbourg) |

Introduction

Le glioblastome est la tumeur cérébrale la plus fréquente et la plus sévère en termes de pronostic avec peu de traitements validés. Ainsi, il n’existe actuellement aucun consensus pour la prise en charge des récidives de glioblastome (rGBM) chez les patients initialement traités par le protocole STUPP. Le bévacizumab a fait l’objet de plusieurs essais randomisés dans cette indication mais l’absence de bénéfice en termes de survie globale n’a pas permis de valider son utilisation. Néanmoins en absence d’alternative, cette molécule reste largement utilisée hors AMM. L’objectif de ce travail est d’évaluer l’efficacité et la tolérance de l’association bévacizumab (BEV) + irinotecan (IRI) dans les rGBM.

Matériel et méthodes

Une analyse rétrospective a été menée chez des patients présentant une rGBM entre 2007 et 2013 et recevant l’association BEV+IRI. Les survies ont été évaluées par la méthode de Kaplan-Meier et différentes données cliniques, dont les effets indésirables, ont été enregistrées.

Résultats

Nous avons identifié 82 patients éligibles pour cette étude avec un âge médian au moment du diagnostic de 59 ans et un score OMS médian au moment de la récidive de 1.23. Soixante patients (73%) ont présentés des toxicités, principalement de grades 1 et 2 (92%). La majorité des effets indésirables de grade 3 (n=9) et grade 4 (n=1) étaient associés au traitement par l’anti-angiogénique. Les médianes de survie sans progression et de survie globale à partir de la récidive ont été estimées respectivement à 6.5 mois, IC95% [5,7 - 7,8], et 10.7 mois, IC95% [8,5 -12,5]. Ces données sont proches de celles observées dans la littérature, mais notre population est comparativement plus âgée. De manière intéressante, près de 20% des patients présentent une réponse prolongée au bévacizumab (au moins 12 mois de survie sans progression). La médiane de survie globale à partir du diagnostic est estimée 23 mois, IC95% [20,5 - 24,9]. Une analyse multivariée a montré que le statut MGMT n’a pas d’impact significatif sur la survie après le protocole STUPP (p = 0.93). De même, ni l’âge (≥70 ans versus <70 ans, p=0.63), ni le score OMS (p=0.46) n’influencent significativement la survie globale, suggérant ainsi que la combinaison BEV+IRI est aussi utilisable chez des patients plus fragiles. Enfin, la reprise chirurgicale au moment de la récidive, lorsqu’elle est possible, est bénéfique en terme de survie (n=18 ; p=0.03).

Discussion/Conclusion

Nos travaux confirment qu’en absence d’alternative validée, l’association BEV+IRI présente un profil de tolérance et d’efficacité acceptable pour la prise en charge des rGBM. Une analyse complémentaire des longs répondeurs au bévacizumab permettrait cependant d’identifier des facteurs prédictifs pertinents afin d’assoir l’utilisation hors AMM de cette molécule onéreuse.

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