Résumé 16


RÉACTIONS LORS DE LA PERFUSION D’UN SEL DE PLATINE : ALLERGIE OU NEUROPATHIE ? ATTENTION AUX CONFUSIONS !

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Deldicque Anne (Institut Curie rue dailly St Cloud) | Cacheux Wulfran (Institut Curie rue dailly St Cloud) | Amani Asnacios (Institut Curie rue dailly St Cloud) | Ferry Isabelle (Institut Curie rue dailly St Cloud) | Lafay Marion (Institut Curie rue dailly St Cloud) | Escalup Laurence (Institut Curie rue dailly St Cloud) |

Introduction

Les sels de platine (SDP) sont utilisés fréquemment en cancérologie. L'allergie à ces médicaments a vu son incidence augmenter du fait de leur utilisation croissante. Cependant, toutes les réactions aux SDP ne sont pas des réactions anaphylactiques. Certains patients présentent des neuropathies aigues (NPA) pendant la perfusion : crampes, spasmes, fourmillements. Ces symptômes peuvent être confondus avec ceux d’une réaction allergique. Il a été observé à l’hôpital de jour (HDJ) une augmentation des réactions au décours de la perfusion de SDP. Plusieurs cas graves ont été recensés. L’objectif de cette étude est d’analyser les réactions à 2 SDP (oxaliplatine et carboplatine) et d’envisager une amélioration des modalités de prise en charge.
Matériels et méthodes

Le recueil des données de patient s’est fait selon trois sources d’information : logiciel CHIMIO ®, déclarations de pharmacovigilance, recueil des soignants. Chaque dossier a été analysé selon les critères suivants : patient (âge,…), molécule, réaction (délai, symptômes…), terrain atopique ou non. L’analyse des résultats a été réalisée par un groupe de travail pluridisciplinaire (deux gastro-entérologues, une oncologue, un pharmacien, une interne en pharmacie, une infirmière de l’HDJ). Chaque réaction a été classée en NPA ou réaction allergique, et gradée selon la classification NCI.
Résultats

Cette étude rétrospective a porté sur une période d’un an (janvier 2016 à janvier 2017). 30 patients (âge moyen 65 ans) ont présenté une réaction lors d’une perfusion de SDP : 46% de NPA et 54% de réactions allergiques. L’incidence des réactions est de 9,5% pour les administrations d’oxaliplatine (dont 59% de NPA et 30% de réactions allergiques de grade 3-4) et 4% celles de carboplatine (dont 38% de NPA et 39% de réactions allergiques de grade 3-4). Aucune réaction n’a été tracée dans les dossiers médicaux comme NPA. 7 patients présentaient un terrain atopique connu, 3 patients ont été prélevés pour les marqueurs de l’allergie et 3 orientés vers un allergologue. Ces réactions ont conduit à une déclaration de pharmacovigilance dans 36% des cas.

Discussion/Conclusion

La problématique soulevée est celle de la caractérisation de la réaction au cours de la perfusion. Ainsi, un diagnostic erroné d’allergie peut impliquer un arrêt de la molécule et donc une perte de chance pour le patient. On constate que le prélèvement des marqueurs allergiques ainsi que l’orientation vers un allergologue sont insuffisants. De plus, la traçabilité dans le dossier patient n’est pas systématique. Cette étude montre donc l’importance d’une mission éducative auprès des soignants sur cette distinction entre NPA et allergie, et la prise en charge spécifique qui en découle, notamment sur les prélèvements des marqueurs spécifiques, orientation vers une consultation d’allergologie. Une session de formation a été réalisée à l’HDJ ainsi que la rédaction et la diffusion d’une plaquette d’information spécifique.

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