Résumé 161


Préparation de seringues intra-tumorales en virothérapie oncolytique : Analyse de risque a priori

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
Mortier Charles-Patrick (Centre Eugene Marquis) | Pellen Claude (Centre Eugene Marquis) | Bertaux Claire (Centre Eugene Marquis) | Jary Anne (Centre Eugene Marquis) | Bertrand Claude (Centre Eugene Marquis) |

Introduction

Le développement récent de la virothérapie oncolytique en cancérologie expose les pharmacies à usage intérieur à de nouvelles problématiques. Du fait de leur nature biologique et du statut d’Organisme Génétiquement Modifié (OGM) qui les encadre, ces médicaments ainsi que les déchets générés doivent faire l’objet d’une prise en charge adaptée. Un protocole de fabrication spécifique ainsi qu’une étude de risque ont donc été élaborés en parallèle afin de sécuriser cette nouvelle activité.

Matériel et méthode

En s’appuyant sur l’exemple d’une fabrication de seringues intra-tumorales de pexastimogene devacirepvec (Pexa-Vec®), un virus oncolytique de confinement C1, une cartographie des risques a été élaborée selon la méthode AMDEC avec proposition d’actions correctives pour chaque risque de dysfonctionnement supposé. Une simulation de la fabrication dans l’environnement recommandé a été effectuée afin de compléter la cartographie.

Résultats

La criticité totale du processus de fabrication a été évaluée à 149 points de criticité (PC). Les dysfonctionnements liés à l’utilisation d’un poste de sécurité microbiologique de type 2 (PSM2), tels qu’un défaut de cascade de pression ou un défaut d’asepsie représente 13% du risque total. Les risques spécifiques liés à la voie d’administration intra-tumorale, nécessitant une parfaite homogénéisation lors du mélange de la suspension virale dans la solution tampon ainsi qu’un respect du volume total nécessaire au traitement de l’ensemble des tumeurs représente 54 PC soit 36% du risque global. Enfin, les risques liés à la nature biologique et OGM du Pexa-Vec® tels que la contamination de la hotte, les effets indésirables en cas d’exposition accidentelle du manipulateur et la gestion des déchets sont cotés à 38 PC soit 26% du risque global.

 

Discussion – Conclusion

Dans le cadre de la certification ISO 9001 de notre unité de production, cette étude a permis d’identifier les risques spécifiques liés à la manipulation des virus oncolytiques de confinement C1 administrés par voie intra-tumorale. Grâce à ce travail, nous avons élaboré un protocole de fabrication adapté et sécurisé. Ce protocole a été testé et ajusté en conditions réelles de fabrication. La procédure de nettoyage du PSM est actuellement en cours d’actualisation, prenant en compte le risque OGM. Enfin, une procédure de prise en charge en cas d’exposition accidentelle du manipulateur a été validée par le CLIN.

Ce travail a également permis de souligner l’importance de la mise en situation sous forme de simulations impliquant les équipes de préparateurs afin de prévenir les erreurs de manipulations et les craintes engendrées par les médicaments de thérapie innovante.