Résumé 171


Evaluation des anomalies du circuit des médicaments expérimentaux en cancérologie

Thématique : Organisation hospitalière

Auteur(s) :
BOURRON Pierre (PUI) | BAUDOUIN Amandine (Unité de Pharmacie Clinique Oncologique) | SCHWIERTZ Vérane (Groupement Hospitalier Sud) | CAFFIN-RUIZ Anne-Gaelle (HCL) | MOSER Catherine (PUI) | RANCHON Florence (Unité de Pharmacie Clinique Oncologique) | VANTARD Nicolas (Groupement Hospitalier Sud) | HENRIQUET Pierre (HCL) | PHILIPPE Michaël (PUI) | OPSOMER Marie-Agnès (Unité de Pharmacie Clinique Oncologique) | DESCOTES Guillaume (Groupement Hospitalier Sud) | CHARRA Florent (HCL) | LARBRE Virginie (PUI) | RIOUFOL Catherine (Unité de Pharmacie Clinique Oncologique) | (Groupement Hospitalier Sud) | (HCL) | (PUI) | (Unité de Pharmacie Clinique Oncologique) | (Groupement Hospitalier Sud) | (HCL) | (PUI) |

Introduction

Les médicaments expérimentaux en cancérologie suivent un circuit particulier pouvant être source d’anomalies impactant la prise en charge du patient. Cette étude vise à identifier ces événements au Groupement Hospitalier Sud des Hospices Civils de Lyon (500 essais cliniques ouverts). Les anomalies sont définies comme des erreurs (écart par rapport à ce qui aurait dû être fait, incluant des erreurs sur la nature et la dose du traitement, un retard ou une absence de traitement) ou des dysfonctionnements (anomalie impactant l’organisation du circuit du médicament expérimental.

Matériels et méthodes

Une étude prospective a été menée sur 5 mois (01/04/2017 au 31/08/2017) avec recueil des anomalies du circuit des médicaments expérimentaux au moyen de fiches de déclaration mises à disposition de l’ensemble du personnel pharmaceutique. L’identité du déclarant, la date et le type de l’anomalie, son descriptif précis et l’essai clinique concerné ont été collectés.

Résultats

Au total, sur 1723 dispensations ou préparations, 47 erreurs et 51 dysfonctionnements ont été détectés par l’équipe pharmaceutique au moment de la dispensation (65,3%), de la préparation du médicament (16,4%), de la réception des traitements (13,3%) ou des autres étapes pharmaceutiques (5,0%).

13 anomalies ont été détectées à l’étape de réception et consistaient en une absence de commande par la pharmacie pour l’approvisionnement en traitements (46,1%) avec décalage du jour d’administration dans un cas et administration d’une dose inférieure à la dose prescrite dans 2 cas. Lors de l’étape de dispensation (64 cas), les anomalies identifiées concernaient des dates erronées de prescription (15,6%), le non-renseignement des posologies sur la prescription (12,5%), l’absence de feu vert thérapeutique par le prescripteur (9,4%) et des adaptations de posologie non justifiées ou non autorisées dans le cadre du protocole de l’essai (6,2%). Les anomalies les plus déclarées concernaient principalement la non-réalisation de l’attribution informatique des traitements (17,2%) par l’ARC avant l’arrivée du patient à la pharmacie. Ces anomalies ont entraîné dans 10 cas sur 64 un délai supplémentaire pour la dispensation, l’attente du patient pouvant aller jusqu’à 1h30 pour un délai habituel de 20 minutes. Au total, 50 anomalies liées à un problème de prescription ont été détectées, soit la moitié des événements déclarés.

Discussion/conclusion

La mise en place d’un système de recueil des anomalies survenant dans le circuit des médicaments expérimentaux permet de mettre en évidence les étapes les plus à risque et de définir des axes prioritaires d’amélioration. L’étape de prescription reste associée à un risque d’erreur important (51,0%), soulignant l’importance de la validation pharmaco-thérapeutique de la prescription. Une sensibilisation accrue des équipes et une redéfinition des organisations existantes permettront de limiter la survenue de ces erreurs quelle que soit l’étape de survenue. La mise en place d’une revue pluridisciplinaire mensuelle de type REMED-RMM  permettra de détecter les pistes d’améliorations.

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