Résumé 173


Comparaison des protocoles BEAM et BeEAM dans le cadre d'autogreffe de cellules souches hématoïétiques

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
BLANC Cécile (Centre Hospitalier de Versailles 177 Rue de Versailles) | PICHARD Camille (78150 Le Chesnay) | CADOT Cécile (Centre Hospitalier de Versailles 177 Rue de Versailles) | ROUSSELOT Philippe (78150 Le Chesnay) | SAMDJEE Farahna (Centre Hospitalier de Versailles 177 Rue de Versailles) | (78150 Le Chesnay) | (Centre Hospitalier de Versailles 177 Rue de Versailles) | (78150 Le Chesnay) | (Centre Hospitalier de Versailles 177 Rue de Versailles) | (78150 Le Chesnay) |

Introduction: Au sein de notre établissement, un des protocoles de conditionnement avant autogreffe de cellules souches hématopoïétiques utilisé est le protocole BEAM (Carmustine, Etoposide, Cytarabine, Melphalan). Lors de la rupture de Carmustine début 2015, une alternative a été de la remplacer par la Bendamustine (protocole BeEAM). Son utilisation a montré une certaine toxicité rénale et malgré une forte augmentation du prix de la Carmustine lors de sa remise à disposition, le choix a été de revenir au protocole BEAM, traitement de référence.

Matériels/méthodes: Une étude rétrospective comparative a été menée en mai 2017 sur des patients ayant reçu le BeEAM ou le BEAM, pour étudier la tolérance clinique et le coût. Trois critères ont été choisis pour évaluer la tolérance clinique : la durée de séjour en hospitalisation (DSH, jours), le nombre de jours entre la date d’autogreffe et la sortie d’aplasie, et le différentiel de clairance de la créatinine à J-1 et J+15 de l’autogreffe (DCC, mL/min). Un test statistique comparatif de Mann Whitney a été utilisé. Les coûts actuels de chaque protocole ont été calculés pour une surface corporelle de 2m2 et comparés à ceux avant la rupture de Carmustine.

Résultats: Les 2 populations (n=13 dans chaque groupe) sont comparables en terme de poids moyen des patients (78,08 pour BeEAM ; 74,15 pour BEAM, p=0,93) et d’âge (55,46 pour BeEAM ; 48,31 pour BEAM, p=0,12). Aucune différence significative n’a été observée sur les valeurs moyennes de DSH (24,77 pour BeEAM; 22,38 pour BEAM p=0,16) et de DCC (+6,22% pour BeEAM et +16,36% pour BEAM,p=0,38). La durée moyenne de sortie d’aplasie a été significativement plus courte (p=0,02) avec le protocole BeEAM (17,00 jours) comparé au protocole BEAM (18,46 jours). En 2014, avant la rupture de Carmustine, le coût d’une cure s’élevait à 2 758€ pour le BeEAM et à 722€ pour le BEAM. En 2017, ce coût s’élève à 989€ pour le BeEAM et  à 7 677€ pour le BEAM.

Discussion/Conclusion: Aucune différence de tolérance clinique n’a été démontrée, seule une sortie d’aplasie plus rapide avec le BeEAM a été observée. Lors de la remise à disposition de la Carmustine en avril 2016, son prix a été multiplié par 30. De plus, l’arrivée sur le marché fin 2016 de la Bendamustine génériquée a réduit son prix d’achat. La cure de BEAM se révèle à ce jour 7,7 fois plus coûteuse que le BeEAM. Le choix a néanmoins été de revenir au BEAM, défini comme traitement de référence. Etant donné les limites de l’étude (faible effectif, rétrospectif, critères cliniques étudiés restreints), il serait intéressant d’approfondir ce travail, en collaboration avec les hématologues de notre établissement. Des retours d’expérience d’autres hôpitaux permettraient également d’aider à construire la réflexion autour de cette problématique.