Résumé 176


IMPACT CLINICO-BIOLOGIQUE DU FER CARBOXYMALTOSE INJECTABLE EN CANCEROLOGIE

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Coussirou Julie (Institut Sainte-Catherine 250 Chemin de Baigne-Pieds 84000 AVIGNON) | Chanet Brigitte (Institut Sainte-Catherine 250 Chemin de Baigne-Pieds 84000 AVIGNON) | Blanc-Légier Françoise (Institut Sainte-Catherine 250 Chemin de Baigne-Pieds 84000 AVIGNON) | Decrozals Françoise (Institut Sainte-Catherine 250 Chemin de Baigne-Pieds 84000 AVIGNON) | Debourdeau Philippe (Institut Sainte-Catherine 250 Chemin de Baigne-Pieds 84000 AVIGNON) |

Introduction

En cancérologie, l’anémie chimio-induite est fréquente et se révèle d’autant plus sévère avec le nombre de cycles effectués. Elle est souvent associée à une baisse de la qualité de vie avec une moins bonne tolérance aux traitements anticancéreux. L’administration de fer par voie intraveineuse (IV) est préférée en oncologie en raison d’une efficacité limitée de la forme orale.

Objectifs

L’objectif principal de ce travail est d’évaluer l’impact biologique jugé sur le taux d’hémoglobine et l’impact clinique jugé sur l’indice de performance ECOG après injection du fer carboxymaltose (CMF). L’objectif secondaire est de déterminer les facteurs prédictifs d’efficacité du CMF chez les patients atteints d’un cancer avec carence martiale.

Matériel et méthode

Cette étude observationnelle rétrospective a inclus tous les patients atteints de tumeurs solides ayant reçu au moins une administration de CMF entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2015. Les patients ayant reçu une perfusion de CMF devaient avoir une capacité de saturation de la transferrine (CST) < 20%. Pour chaque patient, le recueil des paramètres suivants : hémoglobine (Hb), CST, indice ECOG, ferritinémie, prescription d’agent stimulant l’érythropoïèse (ASE) et transfusion(s), a été effectué pour M0, M1 +/- 7j, M2 +/- 7j et M3 +/- 7j post-administration de CMF.

Résultats

Au total, 133 patients ont pu être inclus. L’âge moyen était de 68 ans avec 48% d’hommes et 52% de femmes. 72% des patients avaient un indice ECOG 0-1 à l’inclusion. Plus de deux patients sur 3 souffraient d’un cancer métastatique et 82% étaient en cours de chimiothérapie. Les localisations cancéreuses étaient diverses, avec prédominance des cancers digestifs, pulmonaires, gynécologiques. La dose de CMF était de 1000mg et 500 mg chez respectivement 67% et 32% des patients.

Le taux moyen d’Hb des patients est statistiquement plus élevé à M1 (10.83g/dl +/- 1.39 g/dl) M2 (11.03 g/dl +/- 1.61 g/dl) et M3 (11.17 g/dl +/- 1.26 g/dl) par rapport à M0 (9.92 g/dl +/- 1.39 g/dl). Le score ECOG moyen augmente significativement à M1 (1.31 +/- 0.80) et M2 (1.31 +/- 0.87) par rapport à M0 (1.13 +/-0.80), mais n’est pas significativement différent entre M0 et M3 (1.21 +/- 1.02). A M1, la valeur moyenne de la CST et de la ferritinémie sont significativement plus élevées qu’à la baseline.

Conclusion

Ce travail met en évidence une remontée significative du taux d’Hb après une dose moyenne de 1000mg de CMF injectable mais sans bénéfice sur l’indice ECOG. Les patients tirant le plus de bénéfice du CMF sont ceux qui ont initialement un taux d’Hb inférieur à 10g/dl et de ferritine de moins de 800ng/ml. S’il est bien démontré que le fer IV augmente la rentabilité des ASE chez les patients atteints de cancer, sa place par rapport aux autres traitements de l’anémie par carence martiale reste à déterminer.