Résumé 178


Evaluation de la mise en place du dépistage du déficit en DPD chez les patients atteints de cancers digestifs non métastatiques

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Mélanie Renoud-Grappin (Services de Pharmacie) | E. Cartet (CH Pierre Oudot) | Benoit Avisse (30 Avenue du Médipôle) | Martine Roubille (38302 Bourgoin-Jallieu) | (Services de Pharmacie) | (CH Pierre Oudot) | (30 Avenue du Médipôle) | (38302 Bourgoin-Jallie) | (Services de Gastroentérologie) | (CH Pierre Oudot) | (30 Avenue du Médipôle) | (38302 Bourgoin-Jallieu) | (Laboratoire de biologie) | (CH Pierre Oudot) | (30 Avenue du Médipôle) | (38302 Bourgoin-Jallieu) |

  • Introduction

Au cours de l’année 2015, la recherche systématique de déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD) avant une première cure de 5-fluorouracile (5-FU) a été mise en place dans notre établissement chez les patients atteints de cancers digestifs non métastatiques (cancers colorectaux, gastriques et de œsophage).

Elle faisait suite à un cas de toxidermie de grade 3 après une première injection de 5-FU ayant entrainé le décès du patient. A posteriori, un déficit partiel en DPD révélé par une mutation hétérozygote du gène DPYD avait été retrouvé1.

Les objectifs de l’étude étaient de vérifier la mise en application de la recherche du déficit en DPD, l’impact sur la prise en charge des patients et d’estimer le coût pour l’établissement.

  • Matériels et méthode

Une étude rétrospective portant sur les patients atteints d’un cancer digestif non métastatique et traités par un protocole de chimiothérapie contenant du 5-FU injectable dans le cadre a été réalisée.

Pour chaque patient, les critères suivants ont été analysés : dépistage du déficit en DPD, présence d’un déficit, application des recommandations d’adaptations posologiques, toxicité.

  • Résultats

Depuis janvier 2016, 61 patients ont été traités par 5-FU injectable pour un cancer digestif non métastatique.

Le déficit en DPD a été recherché pour 44 patients (72%) : 34 cancers colorectaux (77%), 9 cancers gastriques (21%), 1 cancer de l’œsophage (2%).

4 déficits partiels en DPD ont été identifiés : 3 par phénotypage et un par génotypage avec une mutation hétérozygote du gène DPYD.

Les recommandations d’adaptations de doses ont été appliquées pour les 4 patients. Les suivis pharmacocinétiques préconisés n’ont pas été réalisés mais les patients n’ont pas présenté de toxicité.

Parmi les 17 patients pour lesquels la recherche du déficit n’a pas été réalisée : 7 patients n’ont pas nécessité de diminution des doses de 5-FU, 9 ont bénéficié d’une adaptation des doses en raison d’une toxicité de grade 1 ou 2 et 1 patient a présenté une neutropénie de grade 3.

La recherche du déficit en DPD a représenté un coût de 8492 euros à la charge de l’établissement (193 euros par dépistage).

  • Discussion/Conclusion

Le dépistage du déficit en DPD combinant phénotypage et génotypage a été réalisé pour 72 % des patients et les adaptations de doses préconisées ont permis d’éviter la survenue de toxicité sévère voir létale chez les patients concernés.

Une évaluation médico-économique serait nécessaire afin de comparer le coût du dépistage au coût du traitement d’une toxicité sévère par fluoropyrimidines.

Les résultats de cette étude confortent nos pratiques et ce dépistage sera poursuivi.

Pour appuyer notre démarche, il serait souhaitable que le dépistage apparaisse dans les recommandations nationales de prise en charge des cancers digestifs.

 

1 JB Pace et al. Mise en place du dépistage systématique du déficit en DPD suite à un cas de toxicité létale du 5-FU. Congrès SFPO 2015.