Résumé 180


Evaluation des doses arrondies de nivolumab un an après leur mise en place dans une unité de préparation des anticancéreux d’un CHU

Thématique : Pharmacoéconomie

Auteur(s) :
Adé Apolline (Unité de préparation des Anticancéreux (UPAC) – CHU Saint-Louis (APHP) – 1 avenue Claude Vellefaux 75010 Paris.) | Moine Marion (Unité de préparation des Anticancéreux (UPAC) – CHU Saint-Louis (APHP) – 1 avenue Claude Vellefaux 75010 Paris.) | Jourdan Nathalie (Unité de préparation des Anticancéreux (UPAC) – CHU Saint-Louis (APHP) – 1 avenue Claude Vellefaux 75010 Paris.) | Madelaine Isabelle (Unité de préparation des Anticancéreux (UPAC) – CHU Saint-Louis (APHP) – 1 avenue Claude Vellefaux 75010 Paris.) |

Introduction

Depuis sa mise sur le marché en 2015, le nombre de prescriptions de nivolumab n’a cessé d’augmenter en raison de ses extensions d’indications. Pour faciliter la gestion des reliquats et les réattributions de cette préparation onéreuse (1mg=11,65€ ; AGEPS, août 2017), des doses standardisées, arrondies au flaconnage (100 et 40 mg ; stabilité 24h), ont été définies avec les médecins en mai 2016 : 200, 240 et 300 mg (±10%  par rapport aux doses les plus prescrites). L’objectif est d’évaluer l’impact en termes de coûts des doses arrondies (DA) un an après leur mise en place.

Matériel et méthodes

Etude rétrospective entre juin et juillet 2017 de 100 prescriptions informatisées (soit 4 préparations/jour) de nivolumab. Les données ont été extraites du logiciel Chimio® : indication, poids du patient, dose calculée, dose prescrite. Le coût total des doses calculées et prescrites a été calculé. Une estimation du coût lié à l’utilisation des DA a été effectuée pour chaque prescription.

Résultats

Indications: mélanome (51 %), cancer bronchique non à petites cellules (36 %), lymphome de Hodgkin (13 %). Caractéristiques des patients : 58 % d’hommes, poids moyen: 73.4 kg (57.4 – 89.7). Les doses les plus fréquemment prescrites étaient : 200 mg (39%), 240 mg (25%), 300 mg (21%). 80 % des doses prescrites correspondaient à des DA. Les doses calculées les plus fréquentes étaient réparties entre 234 et 267 mg (33%) (DA : 240 mg), 162 et 198 mg (27%) (DA à ajouter : 180 mg), 200 et 225 mg (17%) (DA : 200 mg). Le coût total des doses calculées et prescrites était respectivement: 260 376€ et 265 387€. L’utilisation des DA a entraîné une perte financière de 5011€, soit 50€/préparation (1,74% du coût moyen d’une préparation (2874€)). L’utilisation de doses prescrites entrant dans les limites d’une DA (180, 200, 240, 300, 340mg) pour 100% des prescriptions aurait permis d’économiser 935 euros, soit 0.35% du coût total des doses prescrites.

Discussion/ Conclusion

La répartition des doses calculées met en évidence que trois DA sont insuffisantes. En effet, 27% des doses calculées étaient comprises entre 162 et 198 mg, c’est-à-dire 180mg ±10%. Il a donc été décidé d’ajouter cette nouvelle DA avec une limite basse à 162 mg (180 mg-10%) et une limite haute à 195 mg (180 mg+8.3%). Pour la DA à 200 mg, la limite basse a été redéfinie à 196 (200 mg-2%) et la limite haute maintenue à 220 mg (200 mg+10%). L’étude économique a posteriori de DA proposées permet de vérifier que les DA définies a priori sont adaptées et peut se révéler intéressante pour une spécialité onéreuse.