Résumé 184


Peut-on remplacer nos préparations de gemcitabine par des poches industrielles prête à l’emploi ?

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
Théron Florence (Service Pharmacie) | Lombard Thomas (CHU Limoges) | Nevado Elodie (2 avenue Martin Luther King) | Maillan Gaëlle (87000 LIMOGES) | (Service Pharmacie) | (CHU Limoges) | (2 avenue Martin Luther King) | (87000 LIMOGES) | (Service Pharmacie) | (CHU Limoges) | (2 avenue Martin Luther King) | (87000 LIMOGES) | (Service Pharmacie) | (CHU Limoges) | (2 avenue Martin Luther King) | (87000 LIMOGES) |

Introduction :

Prochainement, un laboratoire va commercialiser des poches de gemcitabine prête à l’emploi. Une réflexion a été menée au sein de notre unité afin d’étudier la faisabilité de l’intégration de ce produit dans notre établissement ainsi que l’impact économique et organisationnel de son référencement.

 

Matériels et méthodes :

Une analyse rétrospective sur 17 mois des préparations de gemcitabine effectuées, a été réalisée à partir de l’ordonnancier issu du logiciel Chimio®. Pour chaque dosage standardisé proposé par le laboratoire (1200mg, 1400mg, 1600mg, 1800mg, 2000mg et 2200mg), des bandes de doses ont été établies, correspondant à des variations de +/-5%, +/-7,5% et +/-10% par rapport à la dose standard. Les préparations issues de l’extraction ont été répertoriées dans l’une de ces bandes et comptabilisées. Une comparaison des coûts a également été réalisée.

 

Résultats :

Du 1 janvier 2016 au 31 mai 2017, notre unité a fabriqué 686 préparations de gemcitabine ; les  dosages étaient compris entre 900 et 2500mg. Les variations à +/-5%, +/-7,5% et +/-10% des doses industrielles permettraient de couvrir respectivement 77%, 90% et 93% de notre production de gemcitabine, avec respectivement 0,2%, 22,2% et 77,0% de chevauchement des doses. En termes de prix, la gemcitabine en poche prête à l’emploi coûterait environ 37€ contre 27€ pour une poche produite dans notre unité [coût incluant les consommables, les flacons, la gestion des déchets ; les coûts fixes étant négligés (personnel et matériels amortis)].

 

Discussion / Conclusion :

Plusieurs points restent à éclaircir en cas de référencement, comme la variation maximale de dose autorisée, la gestion des prescriptions situées hors des bandes de doses, l’organisation du circuit jusqu’à la dispensation. Si nous partons sur un delta de 5%, 77% de notre production serait substituée par des poches industrielles, engendrant un surcoût d’environ 3728€/an. L’instauration des arrondis de doses implique l’adhésion des prescripteurs, avec qui il sera essentiel de déterminer un consensus et une méthodologie à appliquer. La gestion des arrondis peut être gérée par l’ajout d’un module (payant) dose standard sur Chimio® ou en modifiant les protocoles par l’utilisation des multilignes par surface corporelle. Une adaptation de dose peut aussi se faire à chaque prescription. Pour pallier aux dosages non pris en charge, la fabrication des doses manquantes ou la dispensation de plusieurs poches industrielles peut être envisagé. L’intégralité du circuit de la prescription à la dispensation de la gemcitabine devra alors être revue. La pharmacie aura aussi un rôle dans la gestion de l’étiquetage et l’ajout de perfuseur purgé de solvant (poche industrielle non dotée de perfuseur). Malgré le surcoût, cela permettrait une réattribution facilitée des poches en cas de retour, un gain de temps préparateur et une réduction du temps d’attente pour le patient.