Résumé 186


Thérapies orales en oncologie : Enquête sur la qualité des prescriptions destinées aux officines

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Hennebicq Simon (Pharmacie - Gustave Roussy - 114 rue Edouard Vaillant) | Lemare François (94800 VILLEJUIF) | (Pharmacie - Gustave Roussy - 114 rue Edouard Vaillant) | (94800 VILLEJUIF) |

  • Introduction

Au cours de ces dernières années, l’usage des thérapies orales (TO) en oncologie a connu un essor important avec plus de soixante molécules actuellement disponibles en officine.
Ces thérapies, aux schémas de prise complexes et à la biodisponibilité variable, sont responsables d’interactions médicamenteuses et d’effets indésirables.
Afin de minimiser les risques d’erreurs liées à la dispensation ou l’administration des TO, l’ordonnance doit contenir les informations nécessaires à la compréhension du schéma thérapeutique prescrit.

  • Matériels et méthodes

Afin d’évaluer la qualité de ces ordonnances, les pharmaciens d’officine ont été sollicités pour nous transmettre toutes leurs ordonnances anonymisées contenant des TO sur une période données : avril à juin 2017.

Pour chaque ordonnance, la conformité de la prescription a été vérifiée selon différents critères: présence du dosage, de la forme - prescripteur autorisé - posologie conforme à l’AMM -  date début et fin de cure pour les schémas discontinus – conformité des recommandations de prises à l’AMM. L’analyse pharmaceutique des ordonnances a été réalisée.

  • Résultats

272 ordonnances ont été recueillies (54% informatiques et 46% manuscrites) correspondant à 313 TO prescrites. Le dosage et la forme pharmaceutique étaient présents respectivement dans 74% et 68% des prescriptions contre 82% pour ces deux critères pour les ordonnances informatisées. Pour les médicaments à prescription initiale hospitalière (47/313), la date de diagnostic n’était jamais présente, la conformité du prescripteur ne pouvait donc pas être vérifiée. La posologie était conforme à l’AMM dans 73% des cas. Cependant, lorsque la posologie dépend de la surface corporelle ou du poids (79/313), cette donnée n’était jamais présente et la posologie ne pouvait donc pas être vérifiée.

Pour les TO ayant un schéma de prise discontinu (100/313), seules 24% des prescriptions présentaient des dates de début et fin de cure mais cette proportion augmentait à 30% pour les ordonnances informatisées.

Les recommandations de prises  étaient conformes à l’AMM dans 72% des cas.

Parmi les 272 ordonnances recueillies, 44% ne contenaient que la TO. L’analyse pharmaceutique réalisée sur les 153 autres ordonnances, montre au moins une interaction médicamenteuse pour 21 ordonnances et pour 4 ordonnances la TO était concernée.

  • Discussion/Conclusion

Cette enquête montre que les mentions légales, selon le code de la santé publique, ne sont pas présentes sur toutes les ordonnances (posologie, mode d’emploi, date du diagnostic). De plus, l’absence du poids ou de la SC rend la validation pharmaceutique difficile pour le pharmacien d’officine. La non-conformité des modalités d’administration entraine un risque de surdosage ou sous dosage lié à l’absorption. Enfin il existe un risque de sous détection des interactions médicamenteuses avec le traitement personnel du patient lorsque la TO est prescrite seule.

Des améliorations semblent être possibles via l’informatisation et la standardisation des ordonnances et des informations qu’elles possèdent car les ordonnances informatisées semblent être les plus complètes.

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