Résumé 189


Évaluation des pratiques de contrôle des préparations d’anticancéreux

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
Mathieu Grajoszex (12 bis rue Louise Michel) |

Introduction : Les préparations d’anticancéreux réalisées dans notre établissement (environ 22 000/an) sont toutes contrôlées avec les mêmes méthodes. L’objectif de cette étude est de proposer une évaluation de nos pratiques de contrôle selon chaque catégorie de préparation, afin d’identifier nos points faibles, d’y apporter les mesures correctives et d’en évaluer leur impact.

Matériels et méthode : Un groupe de travail a été constitué avec deux préparateurs en pharmacie hospitalière, un interne et un pharmacien. L’évaluation des pratiques a  été réalisée au moyen d’un logigramme permettant de classer les préparations en fonction de la pertinence des contrôles effectués : double contrôle visuel en cours de préparation, contrôle gravimétrique final et contrôle analytique. Une méthode complémentaire de contrôle a été élaborée afin de répondre aux limites mises en évidence. Cette nouvelle méthode a été évaluée lors d’une phase pilote d’un mois sur ses performances et sa faisabilité pratique. Un questionnaire de satisfaction a été rempli par l’ensemble des acteurs concernés.

Résultats : Un groupe de préparations « à risque » (pour lesquelles les pratiques de contrôle étaient non satisfaisantes) a été identifié : préparations avec faibles volumes d’adjonction (<3mL) rendant le contrôle gravimétrique très peu contributif (volume ajouté inférieur à l’intervalle de variation de masse de la poche de solvant), et contrôle analytique impossible par spectrométrie UV-RAMAN (ex : Eribuline). 10 Anticancéreux sont concernés, représentant 5% des préparations (> 1000 préparations/an). Un contrôle gravimétrique complémentaire a donc été mis en place. Afin d’éliminer l’incertitude liée à la variation de masse des poches de solvant, la différence entre la masse réelle et théorique de la poche avant préparation est mesurée puis intégrée au calcul de masse théorique de la préparation finie. Nous avons ainsi réduit de 1.4 g en moyenne (84 poches testées) à 0.3 g en moyenne l’écart entre la masse théorique et la masse réelle des préparations finies. De plus, dans 100% des cas cette différence est inférieure à 1 g, seuil de tolérance sur l’incertitude de pesée de notre équipement. Pour l’ensemble de l’équipe (100% des 12 questionnaires remplis) ce nouveau contrôle est acceptable en termes de faisabilité pratique.

Discussion & conclusion : L’ensemble du projet nous démontre l’intérêt de remettre en question nos méthodes de contrôle pour améliorer nos process libératoires. Ces résultats montrent la pertinence et la robustesse de ce contrôle complémentaire, qui a permis de réduire à 0.04% (initialement 5%) la part de nos préparations incomplètement contrôlées. Le logigramme sera désormais utilisé pour évaluer les méthodes de contrôle adaptées à toute nouvelle préparation d’anticancéreux.

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