Résumé 191


Utilisation du blinatumomab en compassionnel dans les leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) de l’enfant en rechute ou réfractaire, étude de 3 cas.

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
RIVAS Sébastien (Institut d’hématologie et oncologie pédiatrique 1 Place Joseph Renault 69008 LYON) | GIROUD Audrey (Institut d’hématologie et oncologie pédiatrique 1 Place Joseph Renault 69008 LYON) | BAYLOT-CHAVRIER Delphine (Centre Léon Bérard 28 rue Laennec 69008 Lyon) | CHAUMARD-BILLOTEY Natacha (Centre Léon Bérard 28 rue Laennec 69008 Lyon) | FAVIER Bertrand (Centre Léon Bérard 28 rue Laennec 69008 Lyon) | BERTRAND Yves (Institut d’hématologie et oncologie pédiatrique 1 Place Joseph Renault 69008 LYON) |

Introduction :

Nouvelle immunothérapie apparue sur le marché fin 2015, le blinatumomab, anticorps bispécifique anti-CD19 et CD3, est indiqué uniquement chez l’adulte dans le traitement des LAL à précurseurs B chromosome Philadephie négatif en rechute ou réfractaires. La LAL représente 80% des leucémies aiguës de l'enfant ; environ 15% présenteront une rechute. Nous avons pu, à titre compassionnel, en évaluer la réponse et la sécurité d’emploi chez 3 enfants en situation de rechute ou réfractaires à la chimiothérapie conventionnelle.

Matériel et méthode :

La posologie de blinatumomab a été de 15 µg/m²/j en continu avec réalisation d’un myélogramme et quantification de la Minimal Residual Disease (MRD) avant la cure et aux décours, dans le cadre du bilan pré-greffe.

Résultats :

Les patients sont des garçons âgés de 4, 15 et 7 ans atteints de LAL B avec respectivement hyperdiploïdie (1ère rechute), translocation t(12:21) (2ème rechute post-greffe) et hyperdiploïdie associée à la délétion d’Ikaros.

Le 1er a été traité pendant 28 jours après une réponse moléculaire insuffisante suite au traitement de première rechute (COPRALL, VANDA et bloc HC1/HC2) ; le 2nd durant 54 jours en consolidation de rémission, obtenue après traitement par IntReALL pour une 2nde rechute médullaire et testiculaire en post-greffe.

Le 3ème patient, initialement réfractaire après une induction selon le protocole  FRALLE, a été intensifié avec des cures de VEDA et COPADEM, puis par une consolidation de type IB selon l’Euro-LB. La MRD étant toujours détectable il bénéficiera de 56 jours de traitement par blinatumomab.

Après traitement les patients étaient tous en rémission cytologique au myélogramme et avaient une MRD indétectable. Les enfants ont tous reçu une allogreffe à partir d’un donneur non apparenté aux décours, avec un recul respectif de 6 mois, 3 mois et quelques jours sans problème de tolérance, malheureusement le 2ème patient rechute à 3 mois post-greffe.

Les effets indésirables les plus notables, de nature immuno-allergique, ont concerné 2 patients : fièvre (résolutive sous antipyrétiques et corticoïdes), réaction cutanée (corrigée par anti-H1), cytokine release syndrome (résolutif après traitement correcteur et suspension du blinatumomab repris à débit progressivement croissant). Sur le plan hématologique tous ont manifesté des neutropénies et lymphopénies modérées ainsi qu’une thrombopénie chez un patient. Un patient a présenté des paresthésies des membres inférieurs, résolutives après l’arrêt du blinatumomab. On dénote aussi des nausées, céphalées et asthénie concomitantes et pour 2 patients une hypertransaminasémie.

Discussion/Conclusion :

Notre expérience montre des résultats encourageants en termes de tolérance mais plus nuancés concernant la réponse. L’usage du blinatumomab est en cours d’investigation par des études cliniques dont la poursuite s’avère nécessaire afin de mieux évaluer sa place dans la stratégie de prise en charge des rechutes ou des formes réfractaires de LAL en pédiatrie de manière à juger son intérêt dans l’amélioration du pronostic.