Résumé 192


Conciliation médicamenteuse en oncologie : existe-t-il des spécificités?

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Pinon Antoine (Gustave Roussy) | Cerutti Ariane (Université Paris-Saclay) | Cuny Anne (Département de Pharmacie) | Abisror Abraham (Villejuif F-94805) | Chouffot Ève (France.) | Oussedik Nassima (Gustave Roussy) | Leroy Florence (Université Paris-Saclay) | Netzer Florence (Département de Pharmacie) | Lemare François (Villejuif F-94805) | (France.) | (Gustave Roussy) | (Université Paris-Saclay) | (Département de Pharmacie) | (Villejuif F-94805) | (France.) | (Gustave Roussy) | (Université Paris-Saclay) | (Département de Pharmacie) | (Villejuif F-94805) | (France.) | (Gustave Roussy) |

Pinon A., Cerutti A., Cuny A., Abisror A., Chouffot E., Oussedik N., Leroy F., Netzer F., Lemare F.

Introduction

La maladie cancéreuse se caractérise aujourd'hui par sa chronicité et une prise en charge multiple regroupant traitements oncologiques, soins de supports, tout en prenant en compte les comorbidités et le recours à l’automédication. La polymédication est donc omniprésente chez les patients. Si les données de la littérature commencent à être abondantes sur le rôle de la conciliation dans la réduction du risque iatrogène, les données sont encore pauvres concernant la population spécifique des patients traités pour un cancer. La question de la continuité médicamenteuse entre la ville et l’hôpital est-elle superposable chez ces patients par rapport à la population générale ?

Matériels et méthodes

La conciliation médicamenteuse d'entrée a été mise en place dans le service de gastro-oncologie. Celle-ci est réalisée par des pharmaciens d'officine en collaboration avec l’équipe pharmaceutique hospitalière.

Les bilans médicamenteux optimisés (BMO) regroupent l'intégralité des traitements en incluant l’automédication (phytothérapie, compléments alimentaires…). Après confrontation à la prescription hospitalière et discussion avec le médecin en charge du patient, les discordances sont classifiées et les interventions pharmaceutiques (IP) en découlant, reportées. L'objectif est de comprendre les spécificités de la conciliation en oncologie, de dénombrer la fréquence des discordances et d'évaluer les IP réalisées ainsi que leur taux d'acceptation.

Résultats

De juillet 2016 à juin 2017, 258 conciliations (26 % des hospitalisations du service) ont été réalisées, dont 43% dans les 24h suivant l'admission du patient. La moyenne d'âge était de 61 ans. Les patients prenaient en moyenne 7 médicaments avant l’hospitalisation.

67 patients (25%) présentaient au moins une discordance, donnant lieu à 130 interventions pharmaceutiques. 86% des IP concernaient des indications non traitées et portaient principalement sur les classes thérapeutiques suivantes : cardio-vasculaires, digestives, neuropsychiatriques. Les modifications de traitement étaient acceptées dans 66% des cas ; la cause prépondérante de refus des IP était la non-pertinence de ces traitements au cours de l'hospitalisation.

La prise de phytothérapie et de compléments alimentaires concernait 30% des patients.

Discussion/Conclusion

La majorité des discordances observées concerne le traitement de maladies non liées au cancer. En effet, le médecin hospitalier se focalise davantage sur les chimiothérapies et les  soins de support au détriment des autres traitements. Le taux de discordances est cependant inférieur par rapport à ceux retrouvés dans la littérature pour la population générale (40% en moyenne). Cette différence peut être expliquée par la récurrence des hospitalisations, et de ce fait les patients sont souvent amenés à transmettre aux médecins l’ensemble de leur traitement. La prévalence de la prise de phytothérapie et de compléments alimentaires se révèle non négligeable. Cela soulève donc la question des interactions – potentiellement majeures – avec les chimiothérapies ; ces dernières doivent recherchées et intégrées au BMO.