Résumé 193


Ruptures d’approvisionnement en chimiothérapies : quelles conséquences au quotidien ?

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
Baronnet Camille (Groupe Hospitalier du Havre 29 av Pierre Mendes France 76290 Montivilliers) | Michel Géraldine (Groupe Hospitalier du Havre 29 av Pierre Mendes France 76290 Montivilliers) | Morin-Légier Véronique (Groupe Hospitalier du Havre 29 av Pierre Mendes France 76290 Montivilliers) | Delplanque Régine (Groupe Hospitalier du Havre 29 av Pierre Mendes France 76290 Montivilliers) |

Introduction:

Sur 34 molécules utilisées régulièrement, 7 ont présenté des difficultés d’approvisionnement au cours des 4 derniers mois. Pendant cette période, nous avons dû avoir recours à d’autres laboratoires et à des spécialités destinées à des marchés étrangers.

Au-delà des difficultés liées aux commandes, quels sont les changements logistiques, la gestion informatique et les risques liés aux ruptures de produits de chimiothérapie ?

Matériel et méthodes :

Trois logiciels sont nécessaires au circuit des chimiothérapies dans notre établissement. Chacun a sa propre base de données médicamenteuse, sans interface les uns avec les autres. Les commandes des médicaments sont réalisées via le logiciel CPage®, la prescription et les préparations des chimiothérapies se font via Asclépios®, et nous travaillons également avec le logiciel de contrôle par vidéocapture DrugCam®.

Lors d’un changement de fournisseur ou de dosage, le paramétrage est d’abord nécessaire dans chacun des logiciels. Le nouveau produit doit être créé dans le logiciel de commande. Puis Asclépios® doit être renseigné avec les données de reconstitution, de concentration, de dilution et de stabilité. Lors de l’édition de la fiche de fabrication, le produit actuellement utilisé doit être sélectionné. Ce dernier doit ensuite être entièrement paramétré dans la base de données de Drugcam®, et les nouveaux flacons filmés et enregistrés.

Résultats :

Au total, pour un produit, 3 paramétrages sont nécessaires dans 3 logiciels indépendants. Cela augmente sensiblement le risque d’erreur, en particulier en cas de produit à reconstituer, avec un risque de confusion entre volume de reconstitution et volume final. La conséquence principale pourrait être une divergence de concentration, et donc l’administration de la mauvaise dose au patient.

Au-delà de l’informatique, les tensions d’approvisionnement impliquent une préparation en amont : les besoins doivent être précisément estimés, allant parfois jusqu’à fournir un prévisionnel par semaine, ce qui est difficilement réalisable. Les stocks doivent être surveillés de près, et les commandes suivies et souvent relancées. De plus, le changement de visuel de flacon augmente le risque d’erreur pour le préparateur : par exemple, le nouveau flacon de Paclitaxel était presque identique au Docetaxel. La destruction des reliquats pour éviter les mélanges de laboratoires a aussi été nécessaire entrainant un surcoût.

 

Conclusion :

Une rupture d’approvisionnement est donc source d’erreurs à différents niveaux, souvent facilement décelables, mais nécessitant une vigilance particulière à chaque changement de fournisseur.

L’erreur la plus importante serait un changement de concentration non remarqué entre deux flacons de la même molécule.Un protocole pour sécuriser le processus est en cours de validation.Jusqu’à présent, la gestion de ces ruptures a permis de garantir la mise à disposition des traitements pour tous les patients.