Résumé 196


IPCERA : Interventions Pharmaceutiques en Cancérologie En Rhône-Alpes Focus sur le risque de surdosage

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
VANTARD Nicolas (Groupement Hospitalier Sud) | LABROSSE CANAT Hélène (Hospices Civils de Lyon) | COURSIER Sandra (165 Chemin du Grand Revoyet 69495 PIERRE BENITE) | DUFRENE Isabelle (Réseau Espace Santé Cancer) | GILLES AFCHAIN Laurence (BIOPARC) | MEUNIER Frédéric (60 avenue Rockefeller 69008 LYON) | POIROT LUTRIN Fabienne (Hopital Nord Ouest) | DUSSOSSOY Emilie (Villefranche sur Saone) | RIOUFOL Catherine (Centre Hospitalier Valence) | FARSI Fadila (Centre Léon Bérard) | (LYON) | (Centre Hospitalier Saint Joseph Saint Luc) | (LYON) | (Centre Hospitalier Annecy Genevois) | (Groupement Hospitalier Nord) | (Hospices Civils de Lyon) | (Groupement Hospitalier Sud) | (Hospices Civils de Lyon) | (165 Chemin du Grand Revoyet 69495 PIERRE BENITE; EMR 3738 CTO) | (UCBL1) | (Lyon Sud) |

Introduction : Malgré un impact clinique démontré (1,2,3), l’analyse pharmaco-thérapeutique de prescription en cancérologie reste disparate et hétérogène d’un établissement à un autre. Dans un objectif de sécurisation et d’harmonisation des pratiques, le Réseau Régional de Cancérologie de la région Rhône Alpes propose des outils d’aide à l’analyse pharmaceutique de prescription.  Ce travail a pour objectif d’évaluer les Interventions Pharmaceutiques (IP) réalisées à l’échelon régional.

 

Matériels et méthodes : Chaque équipe pharmaceutique volontaire, exerçant dans un établissement de la région Rhône-Alpes, a enregistré prospectivement pendant 6 mois les IP concernant les prescriptions d’anticancéreux injectables et donnant lieu à une modification de la prescription. Les équipes avaient à disposition les outils d’aide à l’analyse de prescription en cancérologie diffusés depuis 2012 par le réseau. La traçabilité des IP et leur enregistrement standardisé ont été réalisés à l’aide de Act-IP 2® (Société Française de Pharmacie Clinique) et de la grille ACTIP-chimio (4). L’enregistrement des IP a été exporté de Act-IP 2® puis analysé de façon descriptive et anonymisée.

 

Résultats : Près de la moitié des établissements de la région  (23/54) a participé : 12 CH, 5 CHU, 1 CRLCC et 5 établissements privés. 166 511 préparations ont été réalisées sur la période d’étude. 1785 IP ayant entraîné une modification de la prescription (taux d’IP = 1.07%) ont été enregistrées et 1482 (83%) ont pu être analysées. Les IP concernaient les situations suivantes : surdosage (43,2%), voie et/ou administration inappropriée (18,4%), sous dosage (14%), contre-indication (7,4%), indication non traitée (7,2%). 585/619 situations de surdosage concernaient  des posologies suprathérapeutiques. Le surdosage était évalué en moyenne à +37% de la dose théorique (min = 10%, max = 200%). 289/585 IP (49.4%) sont liées à un oubli de réduction de la dose en lien avec une toxicité, 47/585 IP (8%) à une erreur lors du choix du protocole thérapeutique. 136 de ces IP impliquent des sels de platine (22%) dont le cas d’une dose de cisplatine non adaptée à la fonction rénale du patient entrainant un surdosage à 2 fois la dose.

 

Discussion /Conclusion : Cette étude multicentrique montre que des outils d’aide à l’analyse pharmaceutique de prescription partagés au niveau régional contribuent à sécuriser la chimiothérapie injectable et met en lumière le rôle des pharmaciens spécialisés en cancérologie. La part importante d’erreurs de prescription potentiellement graves si elles n’avaient pas été interceptées (surdosages, notamment en cisplatine) doit conduire à une réflexion sur des mesures préventives (par exemple sensibilisation des prescripteurs). La question des facteurs de risque prédictifs d’erreurs reste à investiguer.

 

  1. Grangeasse L et al. J Pharm Clin 2006
  2. Ranchon F et al. BMC Cancer 2011
  3. Ranchon F et al. Eur J Cancer 2012
  4. Vantard N. et al. JCPT 2015