Résumé 197


Analyse quantitative d'un anticancéreux directement au travers de préparations en poche par spectroscopie Raman portable

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
Lê Laetitia (Hôpital Euorpéen Georges Pompidou (AP-HP)) | Berge Marion (Hôpital Euorpéen Georges Pompidou (AP-HP)) | Prognon Patrice (Hôpital Euorpéen Georges Pompidou (AP-HP)) | Baillet-Guffroy Arlette (Lip(Sys)² Chimie analytique pharmaceutique) | Jaccoulet Emmanuel (Université Paris Sud) | Berdot Sarah (Hôpital Euorpéen Georges Pompidou (AP-HP)) | Caudron Eric (Hôpital Euorpéen Georges Pompidou (AP-HP)) | (Hôpital Euorpéen Georges Pompidou (AP-HP)) |

  • Introduction :De nombreuses approches ont été développées pour sécuriser la préparation des médicaments anticancéreux à l’hôpital. Malgré les performances des techniques analytiques actuellement utilisées (FIA/UV, HPLC/UV, FTIR/UV ou Raman/UV), elles nécessitent obligatoirement un échantillonnage de la préparation ne permettant pas un contrôle exhaustif des conditionnements et contribuant au risque d’exposition du personnel.

L’objectif de ce travail a été d’évaluer la faisabilité d’une technique d’analyse non invasive, la spectroscopie vibrationnelle Raman (SR) pour l’analyse d’une molécule anticancéreuse sans échantillonnage directement au travers de préparations en poche.

  • Matériels et méthodes : Les analyses ont été réalisées avec un spectromètre Raman portable MIRA (Methrom) équipé d’une diode laser à 785nm et d’une lentille focale de 0,8mm. Les acquisitions ont été faites entre 400 et 2300 cm-1 avec une résolution spectrale de 12 à 14 cm-1. Le temps d’acquisition (de 10 à 27s) a été optimisé pour chaque acquisition afin d’obtenir le signal exploitable le plus intense. La gemcitabine a été préparée à différentes concentrations thérapeutique (1 à 20 mg/mL) par dilution dans du NaCl 0,9%. Chaque solution a été conditionnée dans une poche vide (SLB Medical) et analysée en SR. Les données ont été traitées par chimiométrie multivariée via le logiciel Matlab® et 8 combinaisons de prétraitements ont été testées. Les performances de cette technique ont également été comparées à la méthode FIA/UV utilisée en routine dans notre laboratoire.
  • Résultats : Au total, 548 spectres ont été acquis en SR répartis en un jeu de calibration (n=430) utilisé pour la construction du modèle de prédiction et un jeu de validation externe (n=118) utilisé pour en déterminer ces performances. Le modèle optimal de prédiction a été obtenu par régression PLS à partir des spectres prétraités par SNV pour 15 variables latentes (r²=0.9980) avec des erreurs de validation croisée (RMSECV) de 0,28mg/mL et prédiction (RMSEP) de 0,65mg/mL. Le profil d'exactitude construit sur les concentrations prédites montre une limite de quantification à 3,69 mg/mL avec des coefficients de variation de répétabilité et de fidélité intermédiaire inférieures à 5%. Selon l’approche de Bland Altman, la SR par comparaison à la FIA/UV satisfait aux limites prédéfinies avec un biais de -1% (IC95%:-3-1%).

Discussion/Conclusion : En SR, le signal obtenu est souvent complexe et contributif de l’ensemble des éléments présents dans l’échantillon (principe actif, excipient, conditionnement) et de leur interactions. La chimiométrie permet de s’affranchir de la contribution spectrale liée au conditionnement et de se concentrer sur l’information pertinente. En 2016, sur 1628 poches de GEM préparées dans notre unité, 97,3% auraient pu être contrôlé selon la méthode de SR développée. Au vu des résultats, la spectroscopie Raman apparait donc comme une technique prometteuse pour un contrôle non invasif et non destructif des chimiothérapies.