Résumé 198


Eribuline chez un patient greffé cardiaque atteint de liposarcome intracardiaque A propos d’un cas

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
CHERPIN Amélie (CHU TIMONE-ONCOPHARMA. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | FLOUTIER Marine (CHU TIMONE-ONCOPHARMA. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | BOCQUET Arnaud (CHU TIMONE-ONCOPHARMA. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | CARBASSE Clément (CHU TIMONE-ONCOPHARMA. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | GUEDON Amaury (CHU TIMONE-ONCOPHARMA. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | GAUTHIER VILLANO Laurence (CHU TIMONE-ONCOPHARMA. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | BERTAULT PERES Pierre (CHU TIMONE-PHARMACIE. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | DUFFAUD Florence (CHU TIMONE-Service d'Oncologie Médicale. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) | POURROY Bertrand (CHU TIMONE-ONCOPHARMA. 264 rue Saint Pierre. 13005 MARSEILLE) |

Introduction

Le liposarcome est une tumeur du tissu conjonctif se développant à partir des tissus graisseux. Au stade avancé ou métastatique, le traitement de première ligne repose sur la chimiothérapie : les anthracyclines (doxorubicine principalement) et l’ifosfamide. Après échappement, la trabectedine est indiquée.

Matériel et méthodes

Nous décrivons le cas d’un patient atteint de liposarcome intracardiaque. Les informations pertinentes ont été collectées dans le dossier patient informatisé Axigate®, et dans les logiciels de prescriptions Chimio® et Pharma®.

Résultats

Nous rapportons le cas d’un patient âgé de 52 ans atteint de liposarcome intracardiaque, diagnostiqué en 2011 et initialement de statut OMS 0. En 2012, après exérèse chirurgicale, il reçoit 4 cures d’ifosfamide et de doxorubicine. En parallèle, le patient est inscrit sur la liste d’attente des greffes cardiaques après accord d’un comité d’éthique. Suite à une seconde récidive, la trabectedine est initiée mais le patient présente un anasarque dès la deuxième cure, avec hospitalisation en service de réanimation. Il est alors transplanté en mai 2014. Suite à une récidive métastatique de la maladie un an plus tard, plusieurs prises en charge sont évoquées. Une reprise de traitement par anthracyclines et ifosfamide n’a pas été retenue afin de préserver le greffon de la toxicité cardiaque des anthracyclines. La réutilisation de trabectedine est également écartée étant donné les effets indésirables précédemment rencontrés. Ainsi, 6 cures d’éribuline (soit 12 administrations) ont été réalisées en traitement compassionnel chez ce patient. La dose a  d’emblée été réduite à 1 mg/m², étant donné le contexte de transplantation et la prise d’immunosuppresseurs (corticoïdes, mycophénolate mofétil et ciclosporine). Différentes toxicités ont été observées pendant les inter-cures : nausées de grade 1, asthénie de grade 1, neuropathies périphériques de grade 1, cytolyse de grade 1, constipation de grade 1, douleurs articulaires de grade 1, diarrhées et vomissements de grades 2-3. Suite aux diarrhées répétées, une cure a été reportée et une majoration des réductions de dose a été réalisée lors des cures suivantes (0,89 mg/m²). Actuellement, le patient est toujours en cours de traitement par cette même chimiothérapie, et le scanner TAP montre une stabilité de la maladie selon les critères RECIST. Aucune toxicité cardiaque n’est observée malgré la lésion initiale puisque la fonction systolique bi-ventriculaire est préservée.

Discussion/Conclusion

Malgré le choix d’administrer d’emblée à doses réduites l’éribuline, le patient présente une stabilité de sa pathologie. De plus, l’éribuline n’a pas induit de toxicité cardiaque chez ce patient greffé. L’eribuline constitue une alternative thérapeutique intéressante dans le traitement des patients adultes atteints d’un liposarcome non résécable. En mai 2017, la commission de la transparence lui a attribué une ASMR III, levant l’obstacle financier majeur pré-éxistant à son usage dans cette indication.