Résumé 201


Intérêt de l'omacétaxine chez les patients atteints de Leucémie Myéloïde Chronique intolérants ou réfractaires aux inhibiteurs de tyrosine kinase.

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
AZOUZA Wakil (CHU CONCEPTION-PHARMACIE.147 Boulevard Baille. 13005 MARSEILLE) | POURROY Bertrand (CHU TIMONE-ONCOPHARMA.264 rue Saint Pierre.13005 MARSEILLE) | MERCIER Cédric (CHU CONCEPTION-Service d'Onco-Hématologie.147 Boulevard Baille. 13005 MARSEILLE) | IVANOV Vadim (CHU CONCEPTION-Service d'Onco-Hématologie.147 Boulevard Baille. 13005 MARSEILLE) | FARNAULT Laure (CHU CONCEPTION-Service d'Onco-Hématologie.147 Boulevard Baille. 13005 MARSEILLE) | GENSOLLEN Sophie (HU CONCEPTION-PHARMACIE. 167 boulevard Baille. 13005 MARSEILLE) | COSTELLO Régis (CHU CONCEPTION-Service d'Onco-Hématologie.147 Boulevard Baille. 13005 MARSEILLE) | FANCIULLINO Rapahaelle (CHU CONCEPTION-PHARMACIE. 147 Boulevard Baille. 13005 MARSEILLE) |

Introduction

La Leucémie myéloïde chronique (LMC) est caractérisée par une prolifération de cellules myéloïdes exprimant la protéine de fusion bcr-abl, cible des inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK). Cependant, chez certains patients, on observe une résistance et/ou une intolérance aux ITK. Les options chimio-thérapeutiques sont alors limitées. L’omacetaxine mepesuccinate (OM), disponible sous le statut d’ATU, est une alternative pour ces patients. Son schéma d’administration actuel est 1.25 mg/m² 2 fois par jour pendant 7 jours tous les 28 jours.

Patient et méthodes

L’ensemble des patients ayant reçu de l’OM dans notre institution depuis 2010 ont été identifiés via le logiciel Chimio® et les données d’efficacité en vie réelle (ratio du transcrit bcr-abl (rbcr-abl)) et de tolérance collectées dans le dossier patient informatisé (Axigate®).

Résultats

Patient 1 : Femme de 73 ans présentant une intolérance majeure à 4 ITK. Traitée ensuite par Peg-IFNα puis par OM à une posologie de 1.25mg/m2 2 fois par jour de J1-J7 tous les 28 jours. Devant une toxicité hématologique grade 4, le traitement a été stoppé malgré une réponse moléculaire (RM) puis  réintroduit à une posologie de 0.75 mg/m2 2 fois par jour de J1à J5 tous les 28 jours. Une diminution nette du ratio bcr-abl (rbcr-abl) à 0.2% a été objectivée à la posologie initiale et s’est maintenu (0.8%) après réduction de dose (vs 14.5% sous Peg-IFN α).

Patient 2 : Homme de 68 ans traité initialement par nilotinib avec apparition d’une mutation T315i (m T315i). Un traitement par OM a été initié à une posologie de 1.25 mg/m2 2 fois par jour de J1 à J14 tous les 28 jours. Une RM majeure a été obtenue (rbcr-abl<0.1%) ainsi qu’une réversion de la mT315i. Devant une toxicité cutanée de grade 2, le traitement a été stoppé. Un traitement par dasatinib a alors été initié.

Patient 3 : Homme de 83 ans ayant présenté une IM à 4 ITK et présentant des signes infectieux et un statut de performance altéré. L’OM a été initié d’emblée avec une réduction de 50% (0.625 mg/m²) de J1 à J7 tous les 28 jours, puis de J1 à J5. La meilleure réponse obtenue a été de 10.1% de rbcr-abl (vs 8.9% sous ITK).

Discussion/Conclusion

L’OM est actuellement la seule alternative aux ITK dans la LMC. Si ce médicament apparait efficace en terme de diminution du transcrit bcr-abl, son utilisation en pratique courante se heurte clairement à des problèmes de tolérance. Pour des patients fragiles, le schéma alternatif à 0.75 mg/ m2 2 fois par jour pendant 5 jours semble être une bonne stratégie afin d’obtenir efficacité et maitrise des toxicités. Un schéma posologique plus faible, même s’il permet de maintenir une réponse apparaît quand à lui sous optimal.