Résumé 208


Sécurisation du traitement par 5-FU injectable à l’Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP) : intérêt d’une médecine personnalisée

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Olivo Anaëlle (Service de pharmacie) | Berrehal Bilel (Hôpital européen Georges Pompidou) | Orven Yann (Groupe hospitalier Paris-Ouest) | Loriot Marie-Anne (AP-HP) | Caudron Eric (75015 Paris) | Aboudagga Hail (France) | Narjoz Céline (Service de pharmacie) | (Hôpital européen Georges Pompidou) | (Groupe hospitalier Paris-Ouest) | (AP-HP) | (75015 Paris) | (France) | (Service de pharmacie) | (Hôpital européen Georges Pompidou) | (Groupe hospitalier Paris-Ouest) | (AP-HP) | (75015 Paris) | (France) | (Service de biochimie) | (Hôpital européen Georges Pompidou) | (Groupe hospitalier Paris-Ouest) |

Introduction

A l’HEGP en 2016, parmi les chimiothérapies injectables, un patient sur 5 recevait du 5-fluouracile (5-FU), anticancéreux majeur des tumeurs solides. Levy et al. (1998) montrent que 20-30% des patients développent une toxicité de grade 3-4 au 5-FU, 0.5-1% une toxicité létale; toxicités attribuées à 40% au déficit en dihydropyrimidine déhydrogénase (DPD), enzyme clé du métabolisme du 5-FU. Si les déficits complets en DPD sont rares, la fréquence des déficits partiels est estimée à 3% (population générale). Un dépistage pré-thérapeutique du déficit permet une adaptation posologique à l’instauration du 5-FU. Caudle et al (2013) recommandent une réduction de dose si déficit partiel et une éviction du 5-FU si déficit complet mais aucun consensus national n’est établi.

Objectifs : analyser les pratiques de dépistage du déficit à l’HEGP et évaluer la pertinence des adaptations de doses afin d’améliorer la prise en charge des patients traités et sécuriser l'administration du 5-FUinjectable.

Matériel et méthode

Recherche du déficit en DPD : phénotypage par mesure de la concentration plasmatique de l’uracile (U) et du dihydrouracile (UH2) (HPLC/SM) :

  • activité limite inférieure : 10<UH2/U<13
  • déficit partiel : 5< UH2/U <10
  • déficit complet : UH2/U <5

 

Analyse rétrospective concernant les patients traités par 5-FU injectable en 2016:

  • données de phénotypage (laboratoire de biochimie),
  • doses administrées aux cures 1 et 4 (C1, C4) (logiciel Chimio®).

Résultats

En 2016, 498 patients ont été traités par 5-FU à l’HEGP. Un dépistage a été réalisé pour 63% des patients dont 91% en pré-thérapeutique. Après contrôle sur un deuxième prélèvement dans 30% des cas, la fréquence d’une activité DPD limite inférieure s’élève à 14%, 5% de déficit partiel, 0.3% de déficit complet (n=1). Au C1, 83% des patients avec une activité DPD limite ont reçu une dose adaptée de 5-FU, les doses variaient de 0 à -100% pour le bolus et -25 à -50% pour la perfusion continue versus dose du protocole. Chez les patients avec déficit partiel, une réduction de dose a été proposée dans 50%: 0 à -100% pour le bolus, -50% pour la perfusion continue. Aucune adaptation n’a été appliquée au cas de déficit sévère, le dépistage ayant été demandé en post-toxicité. La réévaluation de dose au C4 a conduit dans plus de 95% à une réduction de dose supplémentaire de la dose appliquée au C1.

Discussion

Sur 100 patients recevant du 5-FU, 40, n’ont pas eu de dépistage pré-thérapeutique, une communication auprès des prescripteurs est en cours afin de sécuriser l’administration pour l’ensemble des patients. Les réductions de dose appliquées au C1 sont hétérogènes et la réduction additionnelle au C4 suggère que la dose initiale n’était probablement pas optimale. Une étude complémentaire des toxicités, étendue aux 5 dernières années est à envisager afin d’évaluer la pertinence des adaptations de dose proposées.