Résumé 209


Etude pragmatique rétrospective des prescriptions d'éribuline dans le traitement des cancers du sein métastatiques

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Cotton Mathieu (Service de Pharmacie Stérilisation) | El Aatmani Anne (1 avenue Molière) | Barthelemy Philippe (67200) | Kurtz Jean-Emmanuel (Strasbourg) | Lévêque Dominique (Service de Pharmacie Stérilisation) | Gourieux Bénédicte (1 avenue Molière) | (67200) | (Strasbourg) | (Service d'Onco-hématologie) | (1 avenue Molière) | (67200) | (Strasbourg) | (Service d'Onco-hématologie) | (1 avenue Molière) | (67200) | (Strasbourg) | (Service de Pharmacie Stérilisation) | (1 avenue Molière) | (67200) | (Strasbourg) | (Service de Pharmacie Stérilisation) |

En raison de son mécanisme d’action unique et de son inscription sur la liste des spécialités prises en charge en sus des GHS, nous avons souhaité étudier l’éribuline, analogue de l’halichondrine B indiqué dans le traitement du cancer du sein métastatique chez les patients précédemment traités par taxanes et anthracyclines. L’objectif de notre étude est d’analyser, en situation pragmatique, les pratiques de prescription de l’éribuline aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) puis de les discuter au regard des résultats de l’étude EMBRACE qui a permis l’obtention de son autorisation de mise sur le marché (AMM) en 2015.

Une étude rétrospective a été réalisée sur l’ensemble des patients traités par éribuline aux HUS entre septembre 2015 et décembre 2016 à l’aide d’une grille de recueil, élaborée en collaboration avec les médecins, qui reprenait les critères étudiés dans l’étude EMBRACE.

Trente-six patients ont été inclus dans notre étude versus 508 dans l’étude EMBRACE. Les caractéristiques étaient similaires avec un âge moyen de 51 ans aux HUS (27-70 ans) et de 55 ans dans EMBRACE (28-85 ans). Le statut HER-2 était positif dans 25% de la population des 2 études. Aux HUS, la totalité des patients avait reçu un traitement antérieur par taxane et anthracycline avec une posologie de 1.23mg/m² en J1=J21, conformément à l’AMM. L’eribuline était prescrite le plus souvent en 6ème ligne (61%) alors qu’elle se situait en 4ème ligne (34%) dans l’étude EMBRACE. En moyenne, les patients recevaient 4 cures d’éribuline aux HUS contre 6 cures dans l’étude EMBRACE. Concernant les motifs d’arrêt, deux causes principales ont été observées : la progression tumorale (44%) et la toxicité du traitement (25%). Celle-ci était le plus souvent d’origine pulmonaire (50%), hématotoxique (40%) ou encore hépatotoxique (10%). 22 patients (61%) ont reçu une autre chimiothérapie à la suite de leur traitement par éribuline. Un profil de tolérance différent a été observé entre notre étude et l’étude EMBRACE avec une incidence des affections respiratoires respectivement de 44% et 30%, et une incidence des neutropénies de 12 et 52%. En moyenne aux HUS, les effets indésirables menant à l’arrêt du traitement survenaient lors de la 3ème cure.

En situation pragmatique aux HUS, l’éribuline a été prescrite dans 100% des cas conformément à l’indication et à la posologie de l’AMM. Les différences de profil de tolérance des deux études peuvent s’expliquer par la prise en charge préventive par G-CSF des neutropénies chez 44% des patients alors qu’elle était uniquement curative dans l’étude EMBRACE. La moins bonne tolérance et le nombre de cure inférieur dans notre étude peuvent s’expliquer par la non–sélection des patientes contrairement à l’étude de phase III et l’utilisation plus tardive de l’éribuline dans la stratégie thérapeutique des cancers du sein métastatiques.