Résumé 213


Evaluation du Bon Usage de Nivolumab dans le Cancer du Poumon Non à Petites Cellules (CPNPC)

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
El mir Ouacim (Hopital tenon rue de la chine 75020 Paris) |

Auteurs : O. El Mir, J. Fillon, J. Cadranel, I Debrix

Service de Pharmacie GH HUEP Site Tenon

Service de Pneumologie Hôpital Tenon

Introduction

Nivolumab est la première immunothérapie autorisée en seconde ligne du CPNPC, d’abord en Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU) en mars 2015, puis en Autorisation de mise sur le Marché (AMM) en juillet 2015. Le coût très important de ce traitement innovant justifie une évaluation des pratiques de prescription et de la balance bénéfice-risque.

Matériels et Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique menée au sein de l’hôpital Tenon à Paris (APHP), incluant tous les patients ayant initié un traitement par Nivolumab pour un CPNPC (épidermoïde et non épidermoïde) du 1er mars 2015 au 15 mars 2017.

Les données ont été collectées à partir du dossier informatisé (ORBIS) et du logiciel CHIMIO. L’évaluation des conditions de mise sous traitement a été réalisée par comparaison aux conditions d’accès à l’ATU, le bénéfice a été évalué indirectement par le nombre de cycles réalisés, et les risques par les toxicités ayant entraîné une suspension ou un arrêt du traitement.

Résultats

125 patients ont été inclus, d’âge moyen 64,5 ans. Le nombre moyen de cycles administrés était de 7, avec une médiane à 4 cycles. La décision de traitement avait été soumise en Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) dans 58% des cas. Les conditions de mise sous traitement à partir de l’AMM différaient sensiblement des critères stricts établis dans le dossier d’ATU : statut OMS ≥ 2 dans 22% des cas, les précautions d’emploi relatives aux conditions cliniques (absence de maladie auto-immune, de pathologie nécessitant une corticothérapie, de métastases cérébrales non traitées) non respectées dans 16% des cas, des critères de bilan biologique non respectés dans 29% des cas. 26% des patients ont bénéficié d’une réponse « longue » (>8cycles), et 12% une réponse « très longue » (>20cycles). 15 patients (12%) ont dû interrompre leur traitement pour cause d’effet indésirable (grades 3 et 4).

Discussion Conclusion

Les conditions de mise sous traitement dans la « vraie vie » ont été moins strictes que dans le cadre de l’ATU, toutefois l’importance des arrêts de traitement après 4 cycles montre qu’une évaluation précoce de l’efficacité (ou de l’absence d’efficacité) est bien mise en œuvre dans l’établissement. Le taux de patients répondant longtemps au traitement, et les effets indésirables graves sont comparables aux données de l’AMM.

Le bon usage du Nivolumab dans le Cancer du poumon Non à petites cellules dans notre établissement semble donc globalement respecté, malgré des précautions d’emploi souvent non suivies.