Résumé 221


Le comportement alimentaire des patients cancéreux : étude prospective

Thématique : Suivi thérapeutique

Auteur(s) :
HOUDA ATTJIOUI (Institut national d'oncologie Rabat- Maroc) | SABER BOUTAYEB (Institut national d'oncologie Rabat- Maroc) | LAILA CHEMLAL (Institut national d'oncologie Rabat- Maroc) | BOUCHRA MEDDAH (Institut national d'oncologie Rabat- Maroc) |

Introduction

Les effets secondaires du cancer et/ou son traitement influencent grandement le comportement alimentaire des patients .Certains patients  éprouvent des difficultés à remettre en cause leur conduite alimentaire même si elles s’accordent sur leur nocivité. Pour d’autres, ces effets vont justement les aider à décider de changer leurs habitudes alimentaires et d’adapter leurs comportements à risque. L’objectif de notre étude était de faire un état des lieux de l’état nutritionnel des patients et d’évaluer le choix alimentaire des patients cancéreux.

Matériels et méthodes

Il s’agit d’une étude descriptive, prospective, observationnelle réalisée pendant une période de 6 mois allant du 1er janvier 2016 au juin 2016, à partir d’un questionnaire  anonyme en interrogeant les  patients traités à l’Institut National d’Oncologie de Rabat (INO). Pour l’ensemble des patients recrutés nous avons pu décrire les caractéristiques sociodémographiques, cliniques, thérapeutiques ainsi que les données nutritionnelles et les habitudes alimentaires de ces patients.

Résultats

Les caractéristiques socioéconomiques des patients de notre étude ont montré une prédominance féminine (65,6%) avec un âge moyen de 53,3ans, un bas niveau éducatif (43,8%) et un tropisme urbain (93,2%). L'évaluation objective par l’IMC de l'état nutritionnel des patients a montré que 43,6% des patients étaient dénutris ou à risque de dénutrition. 60,9% des patients ont déclaré ne pas avoir reçu de conseils sur leur régimes alimentaires et qu’aucune information préalable ne leur a été fournie. Cependant,  61,9% des patients suivaient un régime alimentaire ; certains aliments sont spontanément rejetés par les patients, comme les viandes notamment les viandes rouges (72,6 %), les produits laitiers (61,6%), les œufs (11%), et d’autres aliments (41,1%) comme le sel, les conserves, les charcuteries ou les fritures. La conscience des patients de l’effet de ces aliments sur leur santé et aussi des effets indésirables des traitements présentent les principales causes de la modification de leurs comportements alimentaires. Parmi ces patients  27 %  ont eu recours aux  plantes médicinales au cours de leur parcours de soin pour les aider à supporter les traitements  anticancéreux..

Conclusion

L’attention des patients portée sur le choix alimentaire peut devenir un moyen pour faire face à la période du cancer et son traitement qui, malgré les apparences, reste difficile à aborder. Le changement d’habitudes porte sur le choix des variétés d’une part et aussi dans les quantités consommées d’autre part, avec une tendance à la baisse, ou rejet de certains aliments.