Résumé 223


Comparaison de la néphrotoxicité du cisplatine administré en une dose unique versus celle divisé sur deux jours

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
Thabti Asma (Institut Salah Azaiz de Tunis) | Elkara Feriel (Institut Salah Azaiz de Tunis) | Hamdi Adel (Institut Salah Azaiz de Tunis) | Ben Said Azza (Institut Salah Azaiz de Tunis) | Limayem Imen (Institut Salah Azaiz de Tunis) |

Introduction

La nephrotoxicité est un effet indésirable limitant du cisplatine. Grace aux mesures d’hyperhydratation, 30% seulement des patients développent une IR [1].

L’objectif de ce travail a été de comparer deux modalités d’administration de fortes de doses de cisplatine (dose totale en 1 jour ou division de la dose sur 2 jours) en termes d’impact sur la fonction rénale.

Matériels et méthode

C’est une étude rétrospective descriptive qui a porté sur les patients ayant reçus de forte doses de cisplatine (80 ou 100 mg/m2) entre le 01 janvier 2016 et 30 avril 2017. Ces patients ont été suivis en hospitalisation dans le service adulte. Les données ont été collectées à partir des dossiers pharmaceutiques comportant les fiches de validation de chaque cure. Les données relatives à la clairance de la créatinine avant chaque cure, la dose cumulée au nombre total de cure, à la posologie ainsi qu’au mode administration, ont été recensées.

Résultats

Soixante patients ont été colligés dont 17 femmes et 43 hommes. L’âge moyen a été de 53 ans. Le cisplatine a été prescrit à la dose de 80 mg/m2 chez 53 patients et à la dose de 100 mg/m2 chez 7 patients. La dose a été administrée en entier chez 27 patients (groupe 1) et divisée sur 2 jours (groupe 2) patients. La cisplatine a été associée avec : 5 Fluorouracile dans 38 cas, etoposide dans 10 cas, doxorubicine dans 5 cas, holoxan et doxorubicine dans 5 cas, navelbine et gemzar dans 1 cas chacun.

Une Insuffisance rénale a été objectivée chez 15 patients dont 8 après une administration sur 2 jours et 7 ayant suivis une administration en 1 jour. La survenue d’une IR est observée à partir du 2éme cycle pour les deux groupes.

Un arrêt de traitement a été nécessaire dans 2 autres cas devant une IR stade IV  chez 2 patients de groupe 1. Une IR stade 2 ne nécessitant pas d’adaptation posologique a été notée chez 7 patients dont 2 de groupe1 et 5 de groupe 2. Une IR stade 3 a été observée chez 3 patients du groupe 1et a nécessité une réduction de 25 % dans 1 cas, de 50% dans 1 cas et une division de la dose sur 2 jours chez un autre. Trois cas d’IR stade 3 ont été observés pour le groupe 2. On a noté une réduction de la dose de 25% et de 50% dans 2 cas.

Discussion et conclusion

Les résultats ont montré que la division de la dose de cisplatine sur 2 jours n’apporte pas un bénéfice réel sur la survenue d’insuffisance rénale. Ceci pourrait être secondaire à l’absence d’un protocole standardisé d’hyperhydratation. De même, la variabilité inter-individuelle pouvait jouer un rôle dans ceci.

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