Résumé 230


Évaluation de la consommation de Bortezomib (Velcade®) en fonction du type de dispositif de préparation : une étude prospective comparative

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
Charra Florent (Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth) | Petit Camille (Service Pharmacie) | France Mathilde (108bis Avenue Albert Raimond) | Hugues Marion (42270 Saint-Priest-en-Jarez) | Macé Agnès (Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth) | Menguy Sandrine (Service Pharmacie) | Forges Fabien (108bis Avenue Albert Raimond) | Simoens Xavier (42270 Saint-Priest-en-Jarez) | (Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth) | (Service Pharmacie) | (108bis Avenue Albert Raimond) | (42270 Saint-Priest-en-Jarez) | (Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth) | (Service Pharmacie) | (108bis Avenue Albert Raimond) | (42270 Saint-Priest-en-Jarez) | (Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth) | (Service Pharmacie) | (108bis Avenue Albert Raimond) | (42270 Saint-Priest-en-Jarez) | (Institut de Cancérologie Lucien Neuwirth) |

  • Introduction:

La reconstitution du bortezomib sous-cutané est réalisée depuis plusieurs mois avec des spikes mais nos pratiques sont hétérogènes: compte tenu des très faibles volumes manipulés,  certains préparateurs souhaitent privilégier l'utilisation d'aiguilles qui permettraient de récupérer le maximum de solution. L’objectif de cette étude est d’évaluer la consommation de bortezomib lors de la manipulation avec aiguilles par rapport à la manipulation avec spikes sous isolateur.

  • Matériels et méthodes:

Une étude prospective comparative de type avant-après a été menée pour la préparation des seringues de bortezomib sur deux périodes consécutives de 3 semaines chacune :

  • Période A : utilisation exclusive de spikes (spike CH-72® ICU medical, un spike par flacon).
  • Période B : utilisation exclusive d’aiguilles, une aiguille par préparation.

Tous les préparateurs avaient une maîtrise de chaque type de manipulation et les modalités de reconstitution n’ont pas été modifiées durant l’évaluation. Les données ont été recueillies et double-vérifiées. Le critère d’évaluation principal retenu est le pourcentage de perte (milligrammes prescrits / milligrammes consommés) par période. Les préparations de bortezomib IV ont été exclues de l’étude.

  • Résultats:

Durant la période A, 76 seringues ont été réalisées pour une dose totale prescrite de 142,51 mg (dose moyenne prescrite de 1,88 mg, IC95% [1,79-1,96]) et une dose réellement consommée de 159,58 mg, soit une perte de 10,70%. Pendant la Période B, 92 seringues ont été préparées pour une dose totale prescrite de 176,46 mg (dose moyenne prescrite de 1,92 mg, IC95% [1,84-2,00]) et une dose réellement consommée de 202,5 mg, soit 12,86% de perte. Contrairement à celui du spike, le volume mort de l’aiguille (0,071 ml) est systématiquement perdu pour chaque préparation. Cette perte expliquerait 62,7% du volume perdu sur la période B. L’estimation de la perte sur l’année 2016 s’élève à 89 flacons avec les aiguilles contre 74 avec les spikes, soit un surcoût annuel supplémentaire pour la collectivité de près de 95 000 € et de près de 79 000 € respectivement.

  • Discussion/Conclusion:

Contrairement à ce qui était attendu, l’étude a mis en évidence une moindre perte par l’utilisation des spikes. Elle permettrait d’économiser environ 16 000 € par an. La manipulation avec aiguilles est impactée par une perte constante du volume mort qu’on ne retrouve pas avec les spikes. Sans la perte liée à ce volume, la technique avec aiguille serait préférable à la technique avec spike (5,22% de pertes contre 10,70%) ce qui confirmerait le ressenti des préparateurs.

Cette étude illustre l’impact économique quelle que soit la technique utilisée et la question des volumes morts pour les reconstitutions de faible volume (bortezomib, azacitidine…). L’utilisation des spikes semble néanmoins à privilégier. On ne peut évidement pas extrapoler les résultats de notre étude à l'ensemble des spikes (on pourrait faire d'autres études).

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