Résumé 233


Anticancéreux par voie orale : De retour au domicile, que retiennent les patients et quelle place pour les soignants? Exemple en Hospitalisation A Domicile

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
LEHRER JUDITH (Service de Pharmacie (PUI)) | GROUVEL MARION (Hospitalisation A Domicile Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)) | ZOGO ARSENE (Service de Pharmacie (PUI)) | BOURDON SYLVIE (Hospitalisation A Domicile Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)) | BALLADUR ELISABETH (Service de Pharmacie (PUI)) | HAVARD LAURENT (Hospitalisation A Domicile Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)) | MITTAINTE-MARZAC BENEDICTE (Infirmière de liaison) | (Unité Albert Chenevier) | () | (Hospitalisation A Domicile Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)) | (Médecin coordonnateur) | (Hospitalisation A Domicile Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)) | (Service de Pharmacie (PUI)) | (Hospitalisation A Domicile Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)) | (Service de Pharmacie (PUI)) | (Hospitalisation A Domicile Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP)) |

 

  • Introduction: Pour accompagner le virage ambulatoire, le plan Cancer 2014-2019 recommande d’informer l’ensemble des acteurs de soins ainsi que les patients sur le traitement par anticancéreux par voie orale (AKVO), pour limiter la survenue ou la gravité des effets indésirables et améliorer l’observance grâce à une meilleure coordination ville/hôpital. Mais de retour au domicile, que retiennent les patients comme informations? Que souhaitent-ils améliorer ? Une étude a été réalisée auprès des patients hospitalisés à domicile (HAD) et de leurs soignants.
  • Matériels et méthodes: Une étude prospective a été réalisée du 18 avril au 23 juillet 2017 auprès de tous les patients traités par AKVO, admis sur 2 unités de soins de l’HAD-APHP et de leurs soignants. Un questionnaire, élaboré par la PUI, destiné aux patients, abordait l’existence de supports d’information au domicile et le niveau de savoir perçu par le patient. Le 2ème questionnaire interrogeait les soignants sur leur connaissance de la prise d’AKVO par le patient, de l’existence de supports et de leur éventuelle utilisation. Les réponses ont été obtenues par téléphone ou lors de visites à domicile par un pharmacien (assistant, externe).
  • Résultats: Durant 14 semaines, 255 patients ont été admis sur les 2 unités de soins. 15.7% (40/255) recevaient un AKVO dont 70% en association avec un       anticancéreux injectable. Sur les 70% des répondeurs (28/40), les patients,  principalement des hommes (82.2%), âge médian  de 71 ans [31-86], étaient traités pour une pathologie hématologique (71.4%). L’hôpital prescripteur a transmis un support d’information dans 42,9% des cas (12/28). 71.4% (20/28) connaissaient l’indication de leur AKVO, 1/3  souhaitaient recevoir plus d’informations sur leur traitement. Si 64.3% (18/28) connaissaient les modalités de prises, plus de la moitié (15/28) ignoraient  les principaux effets indésirables et la conduite à tenir en cas d’apparition. Moins de la moitié (13/28) considérait que l’HAD pourrait les accompagner dans leur traitement. Concernant les soignants, 53.5% (15/28) ont répondu et savaient majoritairement (13/15) que leur patient prenait un AKVO. En revanche, tous les soignants pour lesquels les patients déclaraient avoir un document d’information ignoraient leur existence. 78.6% (11/15) jugeaient utile d’améliorer leur connaissance sur les AKVO en ciblant leur conservation et leur manipulation.
  • Discussion/Conclusion: Malgré un effectif de patients limité, ces résultats suggèrent une diffusion et une appropriation limitées des supports d’information sur les AKVO, peu partagée avec les soignants au domicile et de la nécessité de poursuivre les efforts, pour répondre aux attentes des patients et pour impliquer l’ensemble des soignants  avec des objectifs de soins connus et  communs.