Résumé 254


Evaluation de l’efficacité et de la tolérance du daratumumab et du carfilzomib pour la prise en charge du myélome multiple hors essais thérapeutiques

Thématique : Suivi thérapeutique

Auteur(s) :
GUILLOIS Gabrielle (1) | PEROVIC Irina (rue de l'If - 22350 YVIGNAC LA TOUR) | DECAUX Olivier (CHU Pontchaillou - 2) | LESTER Marie-Antoinette (rue Henri Le Guilloux - 35000 RENNES) | (CHU Pontchaillou - 2) | (rue Henri Le Guilloux - 35000 RENNES) | (CHU Pontchaillou - 2) | (rue Henri Le Guilloux - 35000 RENNES) |

Introduction

Le myélome multiple, cet envahissement de la moelle osseuse par des plasmocytes anormaux (entrainant affaiblissement du système immunitaire, diminution de la production des cellules sanguines, complications osseuses et rénales) récidive généralement entre trois et cinq ans après la première rémission. Le daratumumab, un anticorps anti-CD38 et le carfilzomib, un inhibiteur du protéasome ont obtenu l’AMM en 2016.

Objectifs

Nous avons étudié les prescriptions, l’efficacité et la tolérance du daratumumab et du carfilzomib chez des patients atteints de myélome multiple réfractaire ou en rechute dans la pratique clinique hors essais thérapeutiques.

Matériels et méthodes

Il a été relevé à l’aide du logiciel de chimiothérapies et des dossiers patients la date de début de traitement, les chimiothérapies antérieures, le nombre d’injections reçues et les éventuels effets indésirables apparus sous daratumumab et carfilzomib entre janvier 2016 et juin 2017.

Résultats

Ces thérapies ont été introduites en moyenne en cinquième ligne thérapeutique.
Onze patients ont été traités par daratumumab. Un patient est en bonne réponse partielle et deux ont une maladie stable sous traitement depuis un an. Quatre patients sont en soins palliatifs : deux après échec rapide du daratumumab, deux ayant obtenu une réponse initiale puis ayant rechuté sous trois et cinq mois de traitement. Quatre décès sont survenus après deux à quatre injections et une altération brutale de l’état général non imputable à l’anticorps .  La survie moyenne sans progression (PFS) est de 116 jours (mini 6 maxi 346, médiane 52). Les effets indésirables les plus fréquents ont été une mauvaise tolérance de la perfusion, des perturbations du bilan hépatique et une diminution des paramètres sanguins. Aucun n’a entrainé l’arrêt du traitement.
Quatre patients ont été traités par carfilzomib-dexaméthasone-lénalidomide. Un patient est en bonne réponse partielle et un a une maladie stable sous traitement.  Deux patients ont dû arrêter pour décompensation globale et insuffisance cardiaques après deux injections. Parmi cinq patients sous carfilzomib-dexaméthasone : trois ont une maladie stable sous traitement. Un a stoppé le carfizomib pour douleurs thoraciques après la deuxième injection, son décès quelques jours plus tard n’étant pas imputable au traitement.  Un patient a rechuté après cinq mois d’injections. La PFS moyenne est de 118 jours (mini 7, maxi 252, médiane 153).
Un patient a été traité par carfilzomib pendant trois mois puis daratumumab pendant 2,5 mois avec échec thérapeutique.

Conclusion

Les prescriptions respectent les AMM puisque le daratumumab et le carfilzomib sont prescrits au-delà de la troisième ligne.  Nos résultats diffèrent  de ceux de la littérature pour la réponse globale avec des taux de 27% contre 36% pour le daratumumab et de 56% contre 87% pour le carfilzomib, sa toxicité cardiaque entrainant des arrêts précoces. Ces molécules restent malgré tout un espoir pour les patients et il faut désormais attendre les résultats des premiers essais cliniques.