Résumé 274


NIVOLUMAB : LA PHARMACOVIGILANCE EN ALERTE

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Carmona Anthony (Institut Sainte-Catherine) | Ladaique Amandine (250 chemin de Baigne-Pieds 84000 Avignon) | Coussirou Julie (Institut Sainte-Catherine) | Brigitte Chanet (250 chemin de Baigne-Pieds 84000 Avignon) | Blanc-Légier Françoise (Institut Sainte-Catherine) | Decrozals Françoise (250 chemin de Baigne-Pieds 84000 Avignon) | (Institut Sainte-Catherine) | (250 chemin de Baigne-Pieds 84000 Avignon) | (Institut Sainte-Catherine) | (250 chemin de Baigne-Pieds 84000 Avignon) | (Institut Sainte-Catherine) | (250 chemin de Baigne-Pieds 84000 Avignon) |

Introduction
Le nivolumab a obtenu son autorisation de mise sur le marché (AMM) en 2015. Sa prescription est soumise au respect de critères précis (indice OMS 0-1, 2ème ligne métastatique dans le poumon et le rein). Dans notre établissement, toute instauration de nivolumab est soumise et validée en RCP. Notre file active s’élève à une cinquantaine de patients. Les effets indésirables (EI) de sévérité > ou = au grade 2 liés (ou supposés liés) à l’immunothérapie sont systématiquement déclarés à la pharmacovigilance.

L’objectif de ce travail est de réaliser un état des lieux des EI liés à des toxicités du nivolumab et déclarés en pharmacovigilance.

Matériels et méthodes
Cette étude observationnelle rétrospective concerne les patients traités par nivolumab dans l’indication poumon ou rein dont les EI de sévérité > ou = au grade 2 ont fait l’objet d’une déclaration de pharmacovigilance entre le 01/01/2016 et le 31/08/2017.

L’ensemble des pharmacovigilances archivées impliquant du nivolumab a été analysé. Les données suivantes ont été recueillies : la nature, le délai d’apparition des effets indésirables, le délai de suspension du nivolumab ou son arrêt définitif. Les décès parmi les sujets qui ont souffert de ces EI ont également été notifiés.

Résultats
Près de 31 déclarations de pharmacovigilance impliquant des patients souffrant d’un ou plusieurs EI de sévérité > ou = au grade 2 (16,15%) potentiellement liés au nivolumab ont été réalisées. Les EI les plus fréquents étaient les atteintes respiratoires (25%) et EI généraux comme fièvre, asthénie, œdèmes (25%). Le délai moyen d’apparition d’un effet indésirable était d’environ 3 mois (92 jours). Pour 7 des 31 patients (22,5%), l’effet indésirable s’est déclaré dès le cycle 1. Sur ces 7 patients, 6 sont décédés dans les 15 jours dont plus de la moitié pour affection pulmonaire.

Au total, le nivolumab a été arrêté définitivement sur décision médicale pour 12 patients (dont 1 arrêt pour progression), suspendu temporairement pour 6 patients avec un temps de pause thérapeutique variant d’un cycle 1 plus 3 jours supplémentaires à plusieurs mois. Près de la moitié des patients ont fait l’objet d’une hospitalisation ou d’une intervention médicale urgente.

Conclusion
Cette revue de pharmacovigilance met en exergue le caractère potentiellement très précoce de certains EI d’origine immuno-allergique lors du traitement par nivolumab avec possibilité d’issue fatale rapide. Si près de la moitié de ses EI sont de type respiratoire, les autres toxicités sont de natures diverses.

Face à une augmentation prévisible du nombre de patients susceptibles d’être traités par immunothérapies (essais cliniques, extension des indications de l’AMM, élargissement à d’autres localisations…), il est important de colliger le plus exhaustivement possible les données de toxicités de ces thérapies et d’apprendre à les prendre en charge.

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