Résumé 276


Patients traités par anticancéreux oraux : impact d’un programme d’éducation thérapeutique sur la tolérance, les interactions médicamenteuses et l’observance.

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Jérémie Zerbit (Service Pharmacie - Hôpital Saint-Louis) | Caroline Madaoui (1 Avenue Claude Vellefaux 75010 Paris) | Céline Gaihier (Service Pharmacie - Hôpital Saint-Louis) | Stéphanie Harel (1 Avenue Claude Vellefaux 75010 Paris) | Catherine Thieblemont (Service Pharmacie - Hôpital Saint-Louis) | Isabelle Madelaine (1 Avenue Claude Vellefaux 75010 Paris) | (Service Hémato-Oncologie - Hôpital Saint-Louis) | (1 Avenue Claude Vellefaux 75010 Paris) | (Service Hémato-Oncologie - Hôpital Saint-Louis) | (1 Avenue Claude Vellefaux 75010 Paris) | (Service Pharmacie - Hôpital Saint-Louis) | (1 Avenue Claude Vellefaux 75010 Paris) |

Introduction : La simplicité de prise des thérapies orales anticancéreuses (TOA) s’accompagne des risques d’inobservance, d’interactions médicamenteuses (IAM) et de survenue d'effets indésirables médicamenteux (EIM) en ville. Malgré leurs avantages, les TOA nécessitent de renforcer le suivi des patients ambulatoires. Le service de pharmacie de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP) a mis en place et coordonné un programme d’ETP en hématologie, destiné aux patients traités par TOA. Nous avons étudié l’impact de ce programme sur les EIM, les IAM et l’observance.
Matériels et méthodes : Les patients bénéficiaient de consultations pluridisciplinaires (médecin, pharmacien, infirmier) tous les 3 mois en hôpital de jour d’hématologie. Ils recevaient des recommandations relatives aux EIM ainsi qu’à la bonne observance au traitement. Le pharmacien effectuait une conciliation des traitements médicamenteux (CTM) lors de la primo-prescription. Les toxicités étaient gradées par les hématologues. L’étude a comparé les patients traités par ibrutinib inclus dans le programme, à ceux suivis de façon standard (consultations d’hématologie mensuelles à trimestrielles). Nous avons relevé les caractéristiques avant traitement : âge, sexe, comorbidités, co-médications, temps depuis le diagnostic, lignes antérieures, cytopénies, LDH, anomalies génétiques, scores de pronostics selon l’hémopathie. Les IAM étaient évaluées à 1 mois de traitement par le pharmacien. L’observance était mesurée par auto-évaluation et calcul du ratio de possession du médicament (RPM).
Résultats:Entre février 2014 et mars 2017, 155 patients ont reçu un traitement par ibrutinib dont 27 % ont été inclus dans le programme d’ETP (groupe testé, n = 42). Avant traitement, les deux groupes étaient homogènes sur l’ensemble des caractéristiques, hormis les comorbidités, plus nombreuses dans le groupe testé. Sur l’ensemble de l’étude, les nombres d’EIM de grade ≥ 3 étaient respectivement de 7,5 et 15 % dans les groupes testés et contrôle (p < 0,01). Les plus fréquents étaient : infection, asthénie, diarrhée, neutropénie, cardiovasculaire. La diminution des IAM était supérieure dans le groupe testé (- 81,4 %) par rapport au groupe contrôle (- 9,8 %) (p < 0,05). Les taux d’observance moyens autoévalués et mesurés par le RPM étaient respectivement de 99 ± 0,7 % et 99 ± 2,3 % pour le groupe test contre 92 ± 23,1 % et 90 ± 25,8 pour le groupe contrôle.
Discussion/Conclusion : Les données de vraie vie suggèrent que 40 % des patients arrêtent l’ibrutinib la 1ère année, ce qui impacte la survie globale. Dans 50 % des cas, ces arrêts sont liés à des EIM. Notre programme pluridisciplinaire d’ETP coordonné par la pharmacie permet de diminuer significativement les EIM de grade ≥ 3 et d’améliorer l’observance. L’inclusion dans le programme facilite la réalisation de CTM qui a permis de diminuer significativement le nombre d’IAM. Ces résultats démontrent l’intérêt de ces interventions pharmaceutiques dans le management des TOA.

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