Résumé 33


La sarcopénie ou la densité musculaire sont-elles prédictives d’une toxicité précoce chez les patients traités par FOLFOX4 ?

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
FAYE Elodie (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | LEGOU François (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | GUERY Ester (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | PAUL Muriel (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | LAURENT Marie (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | CARVALHO Muriel (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | LUCIANI Alain (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | ROUSSEAU Benoit (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) | AUSSEL Christian (Hôpital HENRI MONDOR 51 Av du maréchal de Lattre de Tassigny 94000 CRETEIL) |

Introduction : La sarcopénie est présente chez de nombreux patients cancéreux. Il est admis qu’elle est corrélée à la toxicité chimio-induite et/ou à la survie. Le but de notre étude était de rechercher une relation entre la sarcopénie et/ou la densité musculaire, déterminée par une nouvelle technique tomodensitométrique et la toxicité chimio-induite chez des patients atteints de cancer colorectal (CCR) non métastatique traités par FOLFOX4.

Matériels et méthodes : Il s'agissait d'une analyse rétrospective de 106 patients traités par FOLFOX4 pour un CCR de stade II/III.  Les toxicités de grade 3/4 ont été relevées. L’IMC a été calculé. La surface (permettant de définir la sarcopénie) et la densité musculaire ont été mesurées sur une coupe de scanner en L3 assistée par ordinateur (logiciel PACS®) chez les patients ayant eu un scanner abdominal au maximum dans les 50 jours précédents leur première chimiothérapie. A été considéré comme étant muscle squelettique toute valeur de pixel comprise entre -29 et 150 Unité Hounsfield (UH). Les pixels ont permis de calculer la surface musculaire en cm². La densité a été mesurée au regard de l'atténuation moyenne. Ont été retenus les seuils de sarcopénie suivants : indice musculaire squelettique inférieur à 52,4 cm²/m² pour les hommes et à 38,5 cm²/m² pour les femmes. Le seuil retenu pour départager faible et forte densité correspondait à la médiane de la densité musculaire totale de nos patients (37,9 UH), conformément aux pratiques publiées.

Résultats : Trente-huit patients ont été inclus (20 femmes, 18 hommes; âge médian : 56,6 ans). Trente-deux  patients avaient un cancer du côlon et 6 un cancer rectal. L’IMC médian était de 22,8 kg/m² et n’a pas été retrouvé comme facteur prédictif d’arrêt ou de diminution de dose précoce de la chimiothérapie. Une réduction de dose ou un arrêt précoce avant le 6ème cycle ont été observés chez 39,5% des patients pour l'oxaliplatine et 7,5% des patients pour le 5-FU. La faible densité musculaire était significativement (p=0,03) associée à un arrêt ou à une diminution de dose précoce d'oxaliplatine, mais pas la sarcopénie de façon significative (p=0,07), représentant tout de même 60,5 % de la population étudiée. Aucune donnée anthropométrique n’a été significativement associée à une réduction de dose précoce ou à un arrêt définitif du 5-FU.

Discussion/Conclusion : L’IMC n’est pas un facteur prédictif d’arrêt ou de diminution de dose précoce de la chimiothérapie, ni la sarcopénie, même si une tendance est observée pour l’oxaliplatine. Seule la densité musculaire est un facteur prédictif pour l’oxaliplatine, contrairement au 5-FU. Nous avons comme projet de réaliser ce même travail en prospectif afin de proposer à terme un algorithme de doses d’oxaliplatine en fonction de l’état musculaire du patient et non de sa surface corporelle seule.

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