Résumé 40


Adaptation du concept de la « chambre des erreurs » pour la formation continue des préparateurs en pharmacie hospitalière manipulant des cytotoxiques

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
LOBODA Caroline (CHRU Nancy Brabois - Service Pharmacie Allée du Morvan 54511 VANDOEUVRE LES NANCY) | VIGNERON Jean (CHRU Nancy Brabois - Service Pharmacie Allée du Morvan 54511 VANDOEUVRE LES NANCY) | MULOT Cindy (CHRU Nancy Brabois - Service Pharmacie Allée du Morvan 54511 VANDOEUVRE LES NANCY) | LIDER Pauline (CHRU Nancy Brabois - Service Pharmacie Allée du Morvan 54511 VANDOEUVRE LES NANCY) | DEMORE Béatrice (CHRU Nancy Brabois - Service Pharmacie Allée du Morvan 54511 VANDOEUVRE LES NANCY) |

Introduction

 

Les Bonnes Pratiques de Préparation mentionnent l’obligation d’une formation initiale et continue adaptée pour les personnels manipulant des produits cytotoxiques. Dans ce cadre, nous avons conçu une « Unité Centralisée de Préparation des Cytotoxiques (UCPC) des erreurs », dérivée du concept canadien de la « Chambre des erreurs » repris dans les établissements hospitaliers français pour améliorer qualité et sécurité des soins.

 

Matériel/Méthodes

 

Une grille répertoriant 20 erreurs à détecter a été élaborée par un pharmacien et la préparatrice en pharmacie hospitalière (PPH) référente de l’UCPC. La mise en situation a été réalisée dans une salle de formation où se fait l’apprentissage des gestes lors de la formation initiale. Chaque préparateur disposait de 20 minutes dans l’UCPC des erreurs, le relevé des erreurs détectées était consigné en temps réel par le pharmacien. Après une explication sur la mise en situation, le PPH était confronté à une situation dynamique, où il observait une manipulation réalisée par la PPH référente. Il disposait du temps restant pour observer le reste des éléments de l’UCPC des erreurs.

 

Résultats

Sur les 21 PPH formés à la manipulation des cytotoxiques, 15 ont été évalués sur une période de septembre 2015 à septembre 2016. En moyenne, 11,9 erreurs sur 20 ont été repérées. Le score le plus faible était de 7 erreurs retrouvées sur 20, et le plus haut était de 16.

 

Discussion/Conclusion

Lors d’une expérimentation similaire menée au Centre Hospitalier de Lens, les résultats globaux obtenus étaient comparables à ceux de notre étude avec une moyenne de 9,4 erreurs retrouvées sur 18. Ces résultats sont à stratifier en fonction de l’ancienneté des préparateurs dans cette activité.

 

Ces résultats peuvent s’expliquer par un décalage entre nos équipements de routine (Cytobox®) et ceux de la mise en situation (hotte à flux d’air laminaire), ainsi que par les différences entre les manipulations réalisées à chaque passage.

 

L’obstacle majeur est la chronophagie du projet qui nécessite un PPH et un pharmacien en plus des PPH se soumettant à l’exercice. Les retours de l’équipe ont été globalement positifs. L’aspect inhabituel et ludique de cette formation a été très apprécié, et cela a permis de refaire le point sur certaines connaissances théoriques.

 

Compte tenu des retours quant au décalage entre nos équipements de routine et ceux de l’exercice et quant au souhait de pouvoir revoir la séquence dynamique, une solution pourrait être de recourir à un enregistrement vidéo de la situation dynamique dans nos locaux. Ceci permettrait de s’affranchir de la présence physique du PPH et du pharmacien à chaque évaluation et donc de faciliter sa réalisation pratique. Ce type de projet pourrait être développé dans le cadre de réseaux régionaux d’oncologie afin de proposer un support pouvant être utilisé par d’autres établissements.