Résumé 43


Des consultations pharmaceutiques pour limiter les risques liés à la primo-prescription d’anticancéreux oraux

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
STREICHER Caroline (CH BRIVE Service UPCP 4 Bd du Dr Verhac 19100 BRIVE) | GELAS Camille (CH BRIVE Service UPCP 4 Bd du Dr Verhac 19100 BRIVE) | HELOURY Jeanne (CH BRIVE Service UPCP 4 Bd du Dr Verhac 19100 BRIVE) | DAULANGE Annick (CH BRIVE Service UPCP 4 Bd du Dr Verhac 19100 BRIVE) | LARNAUDIE Regine (CH BRIVE Service UPCP 4 Bd du Dr Verhac 19100 BRIVE) |

INTRODUCTION

De nouveaux enjeux émergent face à l’essor des thérapies orales en oncohématologie. En effet, la prise en charge de ces patients reste complexe car ces médicaments sont associés à des risques liés aux modalités de prise particulières, aux interactions médicamenteuses nombreuses et à la tolérance parfois difficile. Afin de limiter ces risques, des consultations pharmaceutiques ont été mises en place lors des primo-prescriptions d’anticancéreux oraux.

MÉTHODE

Les consultations pharmaceutiques sont proposées à tous les patients au moment de l’introduction d’un anticancéreux oral. Elles se caractérisent par 3 étapes : 1) La réalisation d’un bilan médicamenteux optimisé afin d’identifier d’éventuelles interactions médicamenteuses entre le traitement personnel du patient et la nouvelle molécule prescrite 2) L’entretien avec le patient dont les objectifs sont d’évaluer l’autonomie du patient à gérer ses médicaments à la maison et d’expliquer les modalités de prises et la surveillance nécessaire au traitement  3) Le renforcement du  lien ville-hôpital, par envoi du compte rendu  de la consultation au pharmacien d’officine et au médecin traitant du patient.

RÉSULTATS

De juillet 2015 à 2017, 190 consultations pharmaceutiques ont été réalisées auprès de 182 patients pour 31 molécules différentes. L’évaluation de l’autonomie du patient a permis de mettre en évidence que 11% des patients sont aidés au quotidien par un proche et que 7% nécessitent l’aide d’une infirmière à domicile. Les personnes ainsi identifiées ont pu être informées sur l’introduction du nouvel anticancéreux oral (modalités de prise, gestion des effets indésirables et surveillance).

La réalisation du bilan médicamenteux  optimisé  a permis d’identifier de potentielles interactions médicamenteuses chez 34% des patients : 40% d’interactions avec des antiacides et des pansements gastro-intestinaux pouvant diminuer l’absorption de l’anticancéreux oral, 26% d’interactions pharmacocinétiques pouvant potentiellement diminuer l’efficacité du traitement ou en majorer la toxicité, 14% d’interactions avec des AVK nécessitant une surveillance accrue de l’INR, 12% d’interactions avec de la phytothérapie et 7% d’interactions pouvant potentialiser la toxicité de l’anticancéreux oral. Au total, 12 médicaments ont été stoppés suite à l’intervention pharmaceutique et des plans d’administration personnalisés ont été réalisés.

L’ensemble de ces interventions pharmaceutiques ont été tracées dans le compte rendu de la consultation, archivées dans le dossier patient informatisé, et envoyées au médecin traitant et au pharmacien d’officine du patient.

CONCLUSION

La réalisation de consultations pharmaceutiques a permis de limiter les risques liés à l’introduction d’un anticancéreux oral par l’identification de patients à risque car non autonomes pour gérer leur traitement seuls à la maison mais aussi par le signalement d’interactions médicamenteuses pouvant compromettre l’efficacité ou la tolérance au traitement.