Résumé 46


Préparation à l'avance de cytotoxiques ou mutagènes pour répondre aux situations d'urgence

Thématique : Pharmacotechnie

Auteur(s) :
MEYER Florence (5 Rue du Morvan 54500 Vandoeuvre-lès-Nancy) | LIDER Pauline (5 Rue du Morvan 54500 Vandoeuvre-lès-Nancy) | MORICE Sophie (5 Rue du Morvan 54500 Vandoeuvre-lès-Nancy) | VIGNERON Jean (5 Rue du Morvan 54500 Vandoeuvre-lès-Nancy) | DEMORE Béatrice (5 Rue du Morvan 54500 Vandoeuvre-lès-Nancy) |

Contexte : En dehors des heures ouvrées de l’Unité Centralisée de Préparation des Chimiothérapies anticancéreuses (UCPC), l’instauration d’une cure est possible mais l’étape de préparation du produit est à la charge du personnel soignant du service de soins. La manipulation de cytotoxiques par un personnel peu habitué et non formé comporte de nombreux risques qu’ils nous semblent important de limiter. Notre réflexion s’est orientée vers la possibilité de réaliser des préparations « d’avance » permettant de répondre aux situations cliniques nécessitant de démarrer une chimiothérapie en urgence.

Objectif : Disposer de poches ou seringues de cytotoxiques prêtes à l’emploi pouvant être rapidement mises à disposition des services de soins.

Matériel/méthode : La première étape consistait à cibler, en concertation avec les équipes médicales, les situations et les protocoles susceptibles d’être considérés comme « urgents ». Pour chaque situation, des doses « standards » arrondies ont été validées. Pour chaque molécule, une revue de la littérature des conditions de conservation et de stabilité a été effectuée afin d’évaluer la faisabilité du projet. Une procédure détaille pour chaque préparation, ses modalités de préparation, de stockage et de dispensation.

Résultats : Cinq situations cliniques et leur prise en charge urgente ont été retenues :

  • Prise en charge d’une masse tumorale compressive (lymphomes) : protocole COP : Vincristine (1 poche de chaque dose : 1,7-2mg) et Cyclophosphamide (1 poche de chaque dose : 500-550-600mg) ;
  • Prise en charge d’une leucémie aiguë ou d’une leucostase : Cytarabine (1 poche de 100mg) ;
  • Prise en charge d’un syndrome d’activation macrophagique : Etoposide phosphate (1 poche de chaque dose : 200-300mg) ;
  • Traitement d’une infection à cytomégalovirus : Ganciclovir (2 poches de chaque dose : 100-125-150-175-200-250-300-350-400mg) ;
  • Prise en charge de grossesses extra utérine : Méthotrexate (2 seringues pour IM de chaque dose : 50-60-70-80-90-100mg).

Depuis leurs mises à disposition, 22 poches de ganciclovir ont été dispensées (moyenne= 5,5 poches/mois). Neuf poches de cytarabine ont été utilisées (moyenne= 0,4 poches/mois) contre 19 détruites lors de leur péremption. Une poche de vincristine a été utilisée (moyenne= 0,1 poches/mois) contre 7 détruites. Aucune poche de cyclophosphamide n’a été dispensée, mais 30 ont été détruites. Les préparations d’Etoposide phosphate seront mises en place dès la fin du contingentement de l’approvisionnement de cette spécialité.

Discussion/Conclusion : Les pré-requis fondamentaux de ce projet reposent sur la stabilité étendue des molécules ainsi que sur des échanges constructifs avec les équipes médicales. Même si le nombre de préparations détruites est important, la perte financière associée reste faible. Cette liste (en dehors de l’Etoposide phosphate) permet de pallier les instaurations urgentes et le problème de manipulations de cytotoxiques en dehors de l’UCPC qu’elles engendraient jusqu’alors.