Résumé 50


Quel profil de tolérance pour les inhibiteurs de tyrosine kinase ciblant l’EGFR utilisés dans le cancer bronchique non à petites cellules?

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
GELAS CAMILLE (CH Brive la Gaillarde 3 Boulevard Dr Verlhac 19100 Brive la Gaillarde) | STREICHER CAROLINE (CH Brive la Gaillarde 3 Boulevard Dr Verlhac 19100 Brive la Gaillarde) | DAULANGE ANNICK (CH Brive la Gaillarde 3 Boulevard Dr Verlhac 19100 Brive la Gaillarde) | LARNAUDIE REGINE (CH Brive la Gaillarde 3 Boulevard Dr Verlhac 19100 Brive la Gaillarde) |

INTRODUCTION

L‘utilisation des inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK) ciblant l’EGFR a bouleversé la prise en charge des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) présentant des mutations activatrices de l’EGFR. En France, 4 ITK sont actuellement commercialisés : l’afatinib GIOTRIF, l’erlotinib TARCEVA, le gefitinib IRESSA et l’osimertinib TAGRISSO (ciblant spécifiquement la mutation T790M). L’objectif de cette étude est d’évaluer la tolérance de ces molécules dans des conditions réelles d’utilisation.

MATERIELS ET METHODE

Tous les patients, atteints de CBNPC, ayant bénéficié d’un traitement par un ITK ciblant l’EGFR ont été inclus dans l’étude. L’évaluation de la tolérance a été faite par l’analyse des effets indésirables répertoriés sur les fiches de suivi téléphonique infirmier réalisé tous les 15 jours.

RESULTATS

Vingt-quatre patients ont été inclus dans l’étude avec un âge médian de 72,5 ans (46-85) : 10 afatinib, 8 erlotinib, 4 osimertinib et 2 gefitinib. La durée médiane de traitement est de 7 mois et il s’agit d’une 1ère ligne de traitement pour 7 patients. 67% des patients ont un statut EGFR muté, seuls les patients sous Erlotinib n’ont pas de mutation de l’EGFR. L’analyse des profils de tolérance des 4 ITK a mis en évidence que ces molécules présentent des toxicités communes : l’asthénie (79%), la toxicité cutanée (75%),  la perte d’appétit (71%), les diarrhées (67%), les troubles oculaires (54%), les mucites (42%) et les infections urinaires (25%).  La majorité de ces effets indésirables sont de grade 1 à 2 et apparaissent dans les deux premiers mois de traitement. Toutefois, trois évènements indésirables graves ont été recensés : un érysipèle sous afatinib avec un délai d’apparition de 9 mois, une hépatite toxique aigue sous erlotinib à 1 mois de traitement et une pneumopathie interstitielle diffuse sous osimertinib après 10 mois de traitement.

A noter que l’afatinib est l’ITK avec le plus grand nombres d’effets indésirables déclarés, en moyenne 8 par patients tout au long de leur traitement.

Au total, en raison d’une mauvaise tolérance la posologie de l’ITK a dû être diminuée chez 33% des patients et 21% ont dû arrêter leur traitement à cause d’effets indésirables trop invalidants.

CONCLUSION

L’analyse du profil de tolérance des ITK ciblant l’EGFR montre l’apparition de nombreux effets indésirables au cours du traitement dont beaucoup sont communs aux différentes molécules. Ces effets indésirables ne sont pas négligeables car ils peuvent compromettre la poursuite du traitement. Un accompagnement du patient apparaît indispensable pour prévenir et détecter précocement ces effets indésirables afin de les limiter.