Résumé 54


Lymphopénies et neutropénies prolongées chez les patients traités par Rituximab-Bendamustine

Thématique : Suivi thérapeutique

Auteur(s) :
Vangheluwe Edouard (CH Boulogne-sur-Mer) | Authier Sophie (33 Rue Jacques Monod) | Carton Isabelle (62200 Boulogne-sur-Mer) | Choufi Bachra (CH Boulogne-sur-Mer) | Dumont Nathalie (33 Rue Jacques Monod) | Male Christine (62200 Boulogne-sur-Mer) | Vincent Sophie (CH Boulogne-sur-Mer) | (33 Rue Jacques Monod) | (62200 Boulogne-sur-Mer) | (CH Boulogne-sur-Mer) | (33 Rue Jacques Monod) | (62200 Boulogne-sur-Mer) | (CH Boulogne-sur-Mer) | (33 Rue Jacques Monod) | (62200 Boulogne-sur-Mer) | (CH Boulogne-sur-Mer) | (33 Rue Jacques Monod) | (62200 Boulogne-sur-Mer) | (CH Boulogne-sur-Mer) | (33 Rue Jacques Monod) | (62200 Boulogne-sur-Mer) |

  • Introduction

La bendamustine en association avec le rituximab a montré son efficacité dans la leucémie lymphoïde chronique (LLC), dans les lymphomes folliculaires, mais également dans les autres lymphomes indolents dits de bas grade. L’ANSM a transmis, en avril 2017, une lettre aux professionnels de santé concernant l’augmentation de la mortalité observée avec la bendamustine. En effet, lorsqu’elle est associée au rituximab, elle peut être à l’origine d’une lymphopénie prolongée (< 600 cellules/µL) et d’un faible taux de lymphocytes T CD4 (< 200 cellules/µL). Celles-ci peuvent persister pendant plusieurs mois après la fin du traitement et sont responsables d’une sensibilité accrue aux infections opportunistes. L’objectif de ce travail est d’évaluer la toxicité hématologique (lymphopénie et neutropénie) faisant suite à une cure de R-Bendamustine.

  • Matériels et Méthodes

Etude observationnelle, rétrospective, basée sur le recueil de données de patients hospitalisés de janvier 2014 à juillet 2017 à partir des dossiers médicaux (Clinicom®) et du logiciel TimeWise®. La toxicité hématologique a été évaluée selon la Common Terminology Criteria for Adverse Events version 4.0 (CTCAE v4.0). Les critères d’inclusion comprennent les patients atteints de LLC ou de lymphomes ayant reçu au moins un cycle de rituximab (375mg/m²) + bendamustine (70/90mg/m²). Les patients présentant une lymphopénie ou une neutropénie avant traitement ont été exclus ; ainsi que les patients ayant rechuté après la cure.

  • Résultats

Au total, 31 patients ont été inclus (sex-ratio H/F = 1,1). Parmi la cohorte, 18 patients (58,1%) étaient traités pour un lymphome et 13 patients (41,9%) pour une LLC. Le nombre moyen de cure de R-Benda était de 4 [1-6]. Six patients (19,4%) ont été hospitalisés au cours de leur cure pour des infections respiratoires. Un mois après la fin de la cure, 23 patients (74,2%) présentaient une lymphopénie : 3 (13,0%) de grade 1, 10 (43,5%) de grade 2 et 10 (43,5%) de grade 3. De même, nous avons retrouvé une neutropénie chez 8 patients (25,8%) : 6 (75%) de grade 1 et 2 (25%) de grade 2. Trois mois après la fin de la cure, seuls 18 patients (sur les 31 initiaux) présentaient un résultat d’hémogramme dans leur dossier médical. Parmi ces 18 patients, 14 (77,8%) avaient une lymphopénie et 3 patients (16,7%) une neutropénie.

  • Discussion/Conclusion

Nos données confirment les informations transmises par l’ANSM. Cette hématotoxicité, à l’origine d’infections graves, a également été mise en évidence au cours de l’étude GALLIUM (étude de Phase III, multicentrique, de première ligne, dans le lymphome folliculaire, évaluant le bénéfice démontrée de l’obinutuzumab versus le rituximab en association avec une chimiothérapie). On constate que, quel que soit l’anticorps monoclonal associé à la bendamustine, la mortalité augmente ; ce qui remet en cause la place de cette molécule dans la prise en charge des malades.

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