Résumé 67


Administration d’une chimiothérapie dans les dernières semaines de vie : évolution des pratiques sur 7 ans

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
Cartier François (Pharmacie - Hôpital Saint Louis AP-HP 1 av Claude Vellefaux 75010 Paris) | Kramer Laura (Pharmacie - Hôpital Saint Louis AP-HP 1 av Claude Vellefaux 75010 Paris) | Drouot Sylvain (Pharmacie - Hôpital Saint Louis AP-HP 1 av Claude Vellefaux 75010 Paris) | Madelaine Isabelle (Pharmacie - Hôpital Saint Louis AP-HP 1 av Claude Vellefaux 75010 Paris) |

Introduction : L’emploi d’une thérapeutique anticancéreuse dans les dernières semaines de vie est souvent débattu. Il doit se faire de manière raisonnée, afin d’éviter une utilisation trop importante de molécules dont l’intérêt reste limité chez le patient en fin de vie, comme demandé par le troisième plan cancer.

Matériel et méthodes : Au sein de notre établissement, nous avons mené une étude rétrospective d’évolution des pratiques sur trois périodes (en 2009, 2012-2013 et 2016) afin d’évaluer la prescription d’anticancéreux chez les patients en fin de vie. Pour cela nous avons, à partir des patients décédés durant les trois périodes de l’étude dans le service d’Oncologie médicale, déterminé si une chimiothérapie avait été initiée chez le patient dans ses dernières semaines de vie.

Résultats : Durant les trois périodes de l’étude, 159 patients d’âge médian de 62 ans (19-88 ans) sont décédés, soit 21 pour la période 2009, 79 en 2012 et 57 en 2016. Le sex-ratio (H/F) est de 0.94. Les localisations tumorales primitives étaient en majorité mammaires (n= 41), pulmonaires (n=29), ou urologiques (n=17). Une chimiothérapie a été initiée dans les 28 jours chez 30.4% des patients en 2009 vs 40% en 2012 et 21% en 2016. La dernière attitude thérapeutique a été validée par une RCP dans 17.3% en 2009, 26% en 2012 et 43.9% en 2016. Dans les 15 derniers jours, 22% des patients ont reçu un anticancéreux en 2009 vs 53.6% en 2012 et 22.8% en 2016. 93% des patients ont reçu un médicament hors GHS dans les trois derniers mois en 2009, 29.3% en 2012 et 28.1% en 2016. Une thérapie ciblée a été prescrite en dernière ligne chez 33% des patients en 2009, 8% en 2012 et 19.3% en 2016.

Discussion/Conclusion : L’introduction d’une nouvelle chimiothérapie dans les dernières semaines de vie a diminué sur les 3 périodes de l’étude. L’avènement récent des thérapies ciblées, onéreuses, reste minoritaire dans les situations palliatives. Depuis 2009, de nombreux médicaments  ne sont plus en sus des GHS, et aujourd’hui peu des médicaments innovants ont l’indication dans des situations palliatives. Cette étude réalisée sur trois périodes distinctes permet de mettre en avant la valeur ajoutée des discussions collégiales lors des RCP. Il serait utile d’ajouter lors de ces réunions des éléments pronostiques, trop peu souvent évoqués, a minima le score OMS du patient. Au sein de notre établissement, l’implication récente d’une équipe mobile de soins palliatifs (EMASP), permet de mieux accompagner la fin de vie des patients atteints de cancer mais reste pour l’instant sollicitée que trop tardivement. Nous mènerons une nouvelle étude pour évaluer l’impact de l’EMASP sur les prescriptions de patients en fin de vie.