Résumé 71


Cancer gastrique localement avancé ou métastatique : Quelle place pour le ramucirumab en pratique clinique ?

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
Bruneau Antoine (Hôpital Saint-Antoine Service de Pharmacie 184 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) | Ducret Elodie (Hôpital Saint-Antoine Service de Pharmacie 184 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) | Martelli Sonia (Hôpital Saint-Antoine Service de Pharmacie 184 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) | Lopez Daniel (Hôpital Saint-Antoine Service d'Oncologie 184 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) | Joly Anne-Christine (Hôpital Saint-Antoine Service de Pharmacie 184 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) | Fernandez Christine (Hôpital Saint-Antoine Service de Pharmacie 184 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) | Baylatry Minh-Tam (Hôpital Saint-Antoine Service de Pharmacie 184 rue du Faubourg Saint-Antoine 75012 Paris) |

Introduction

Le cancer gastrique, 3ème cause de mortalité par cancer dans le monde, est de pronostic sombre dans les formes avancées ou métastatiques. Le ramucirumab, anticorps monoclonal anti-angiogénique, est indiqué dans le traitement de ces cancers en association au paclitaxel (2ème ligne) ou en monothérapie (≥ 2ème ligne). Il n’est pas inscrit sur la liste en sus (Service Médical Rendu (SMR) modéré et amélioration du SMR V pour l‘association, insuffisant et sans objet pour la monothérapie). Il n’existe pas à notre connaissance de publication sur l’utilisation du ramucirumab dans le cancer gastrique en dehors des essais cliniques. L’objectif de ce travail est d’évaluer la place du ramucirumab en pratique clinique dans notre hôpital.

 

Matériels et méthodes

Une étude rétrospective a été réalisée entre décembre 2014 et juillet 2017 chez des patients d’oncologie ayant reçu du ramucirumab pour un cancer gastrique. Les données ont été collectées via le logiciel CHIMIO® et les comptes rendus médicaux. L’efficacité a été évaluée par la stabilité de la maladie ou la progression tumorale ; la tolérance par la survenue d’effets indésirables (EI) (de grade ≥3 ou ayant entraîné l’arrêt du traitement).

 

Résultats

18 patients (âge moyen 55,5 ans, 10 hommes/8 femmes, performance statuts (PS) 0-2) ont été traités par ramucirumab (8mg/kg, J1-J15) et paclitaxel (80mg/m2, J1-J8-J15) pour un cancer gastrique (17 métastatiques, 1 avancé ; 10 non cardia, 8 cardia). Aucun patient n’a reçu de ramucirumab seul en initiation.

Chez les 10 patients non cardia : 6 (HER2 négatif, 2ème ligne) ont eu une stabilisation de la maladie  (médiane durée de stabilisation=5,2 mois [min=2,9 ; max=10,2]) et 4 (1 HER2 positif, 3 HER2 négatif, 2 en 2ème ligne, 2 > 2ème ligne) ont progressé d’emblée dans les 2 mois.

Chez les 8 patients cardia (HER2 négatif) : 2 (2ème ligne) ont progressé et 6 ont eu une stabilisation. Parmi ces derniers : 2 (2ème ligne) ont arrêté le traitement (1 pour raisons personnelles, 1 suite à plusieurs EI (grade <3 ; PS=0) et 4 ont poursuivi leur traitement avec des durées de stabilisation de 9.8 mois (1ère ligne), 3,5 et 7,1 mois (2ème ligne) et 17,3 mois (3ème ligne).

Concernant la tolérance, les EI fréquemment rencontrés sont liés au paclitaxel : asthénies, neutropénies (2 grade ≥3), neuropathies. Le paclitaxel a été arrêté ou prescrit à dose réduite pour 9 patients.

 

Discussion/Conclusion

Conformément aux recommandations des sociétés savantes, le ramucirumab n’est pas initié en monothérapie dans notre pratique clinique. En association avec le paclitaxel, nos données suggèrent que le ramucirumab pourrait constituer une alternative thérapeutique intéressante dans les cancers du cardia HER2 négatifs métastatiques, de plus mauvais pronostic et dont la survie sans progression n’excède pas 5-7 mois en 2ème ligne.