Résumé 74


Evaluation médico-économique comparative de l’administration des chimiothérapies à domicile via une HAD versus l’administration en hôpitaux de jour (HDJ). Evaluation de la qualité de vie des patients. Exemple de l’Azacitidine.

Thématique : Pharmacoéconomie

Auteur(s) :
ESTRADE Lucie (Hopital Haut-Lévêque CHU de Bordeaux Avenue de Magellan 33600 PESSAC) | BERRONEAU Aude (Hopital Haut-Lévêque CHU de Bordeaux Avenue de Magellan 33600 PESSAC) | DIMICOLI-SALAZAR Sophie (Hopital Haut-Lévêque CHU de Bordeaux Avenue de Magellan 33600 PESSAC) | BREILH Dominique (Hopital Haut-Lévêque CHU de Bordeaux Avenue de Magellan 33600 PESSAC) | MILPIED Noel (Hopital Haut-Lévêque CHU de Bordeaux Avenue de Magellan 33600 PESSAC) |

Introduction

Face au vieillissement de la population et à l’augmentation du nombre de  diagnostics de cancer, la prise en charge de l’administration des chimiothérapies via l’HAD est essentielle. L’Azacitidine est administré par cycle de 7 jours consécutifs chez les patients atteints de syndrome myélodysplasique. Sa voie d’injection sous-cutanée et son schéma d’administration en font une molécule de choix dans ce type de prise en charge.

Méthode

Devant l’absence de service interne d’HAD au sein du centre hospitalo-universitaire de Bordeaux et la non-possibilité de production par l’URC de la PUI dont dépend l’HAD, un contrat de sous-traitance inter-établissement a été signé. En 2016, 33 patients ont bénéficié de l’injection d’au moins une cure à domicile. La totalité de la cure initiale et le 1ier jour de chaque cycle sont effectuées en HDJ après la consultation avec le médecin hématologue.

L’évaluation médico-économique a été réalisée simultanément du point de vue de l’assurance maladie mais aussi de celui du centre hospitalier.  Le comparatif des coûts engendrés par les patients suivis en HDJ et ceux suivis en HAD a été effectué pour l’ensemble du circuit : transport sanitaire des patients à l’hôpital, coûts des séjours GHS/GHT, préparation des chimiothérapies à l’URC de la PUI sous-traitante et temps médical hospitalier dédié.

L’évaluation de la qualité de vie des patients bénéficiant de l’HAD a été prise en compte via un questionnaire qualitatif. Le recueil a été effectué par l’hématologue pendant15 jours, lors de la consultation des patients au début de chaque cycle.

Résultats

En 2016 et pour l’ensemble des patients ayant reçu au moins une cure d’Azacitidine via l’HAD, l’économie globale réalisée pour la sécurité sociale est d’environ 40,4% par rapport à une administration classique en HDJ. Le remboursement des transports sanitaires et des GHS représentent respectivement 75,9% et 33,6% d’économie pour une cure.

Le taux de réponse au questionnaire d’évaluation de la qualité de vie est de 45,45%. L’ensemble des patients semble satisfait par l’administration à domicile et a eu un ressenti sécuritaire positif. 60% des patients ont totalement l’impression de profiter de leurs journées quand leurs administrations se déroulent à domicile et 40% partiellement.

Conclusion

L’évolution des pratiques de prise en charge vers le domicile est à l’origine d’économie pour l’assurance maladie mais également d’une amélioration de la qualité de vie du patient.

Cependant, l’impact financier et organisationnel sur le centre hospitalier est fort. La perte financière correspondant aux coûts des GHS s’élèverait annuellement à environ 6 000 €/patient recevant leurs injections à domicile. Parallèlement, la prise en charge en HAD a généré de nouvelles activités médicale et pharmaceutique non rémunérées en sus.

Un « forfait d’externalisation » est en cours de discussion gouvernementale permettant d’encourager cette démarche auprès des professionnels de santé hospitalier par un dédommagement financier.