Résumé 78


Arrêts précoces sous nivolumab : état des lieux chez les patients traités pour un carcinome bronchique non à petites cellules (CBNPC).

Thématique : Suivi thérapeutique

Auteur(s) :
JEAN Claire (Centre Hospitalier du Pays d'Aix - Service Pharmacie - Avenue des Tamaris - 13616 Aix-en-Provence) | COUSSIROU Julie (Institut Sainte-Catherine - Service Pharmacie -250 chemin des Baigne-Pieds 84918 Avignon) | AZOUZA Wakil (Clinique Plein Ciel - Service Pharmacie - 22 Avenue du Docteur Maurice Donat - 06250 Mougins) | CHANET Brigitte (Institut Sainte-Catherine - Service Pharmacie -250 chemin des Baigne-Pieds 84918 Avignon) | PLUJA-JEAN Nadine (Institut Sainte-Catherine - Service Pharmacie -250 chemin des Baigne-Pieds 84918 Avignon) | BLANC-LEGIER Françoise (Institut Sainte-Catherine - Service Pharmacie -250 chemin des Baigne-Pieds 84918 Avignon) | DE CROZALS Françoise (Institut Sainte-Catherine - Service Pharmacie -250 chemin des Baigne-Pieds 84918 Avignon) |

INTRODUCTION

L’arrivée de l’immunothérapie avec le nivolumab courant 2015, un anticorps monoclonal humain antiP-D-1, a révolutionné la prise en charge du CBNPC. Cependant, chez certains patients, on observe des arrêts précoces de traitements dans les 8 premières semaines de traitement.

L’objectif de ce travail est de faire un état des lieux des arrêts de traitement par nivolumab dans les deux mois suivant l’instauration.

MATERIELS ET METHODE

Etude monocentrique rétrospective réalisée chez les patients atteints d’un CBNPC ayant bénéficié de l’instauration de Nivolumab entre juillet 2015 et mars 2017.

Recueil des données générales et biologiques le jour de l’instauration du nivolumab à l’aide du logiciel de prescription et du dossier patient informatisé.

RESULTATS

117 patients atteints d’un CBNPC ont débuté un traitement par nivolumab. Parmi eux, 46 patients ont arrêté précocement le traitement (17 femmes/29 hommes ; âge moyen = 64 ans, OMS moyen = 1 ; 27 histologie type adénocarcinome / 19 histologie type épidermoïde ; tous avaient reçu au préalable une chimiothérapie à base de Platine) : 10 après la première injection, 7 après la deuxième, 7 après la troisième, 22 après la quatrième. 13 arrêts étaient dus à une altération de l’état général (AEG), 23 à la progression de la maladie suite à l’évaluation scanographique, 10 au décès dans le mois suivant la dernière injection (4 après 1 injection, 2 après 2, 3 après 3 et 1 après 4) soit 8,5% de la population initiale.

De plus, nous nous sommes intéressés à certains paramètres biologiques dosés avant la première administration de nivolumab. Les moyennes des 46 patients ayant arrêté précocement le nivolumab versus (vs) les 10 patients décédés dans le mois suivant la dernière injection ont montré respectivement : des leucocytes à 9056/mm3 vs 8502/mm3, des neutrophiles à 6505/mm3 vs 6538/mm3, des lymphocytes 1254/mm3 vs 934/mm3, une albumine à 32 g/L vs 32,8 g/L, et un taux de LDH (Lactate Déshydrogénases) à 265,6 UI/L vs 321,5 UI/L.

DISCUSSION / CONCLUSION

Malgré la petite taille de l’échantillon, une tendance s’observe chez les patients décédés dans le mois suivant la dernière injection : taux de LDH élevé, taux de lymphocytes bas. De plus , les valeurs biologiques observées chez nos 46 patients arrêtant le nivolumab dans les 8 semaines suivant l'instauration  se rapprochent de celles observées chez les patients présentant une maladie hyper-progressive sous immunothérapie (étude Champiat et al. 2017)

Avec l’arrivée de nouvelles indications de l’immunothérapie et à une place plus précoce dans la stratégie thérapeutique, les arrêts et décès précoces interpellent. Face à ce constat et devant les enjeux, de nombreuses questions émergent sur le profil des patients répondeurs à l’immunothérapie. Ainsi, dans notre établissement, les résultats ont été présentés à nos médecins prescripteurs et certains paramètres biologiques (LDH, lymphocytes, albumine) sont exigés avant l’instauration d’une immunothérapie.

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