Résumé 86


Évaluation des pratiques professionnelles : la conduite à tenir en cas d’exposition accidentelle à un médicament anticancéreux est-elle connue ?

Thématique : Evaluations cliniques

Auteur(s) :
DAVOINE Claire (Unité de Préparation et de Contrôle des Chimiothérapies anticancéreuses (UPC) Service Pharmacie Hôpital Avicenne (HUPSSD) AP-HP 125 rue de Stalingrad 93000 Bobigny) | DUBOIS Antonin (Unité de Préparation et de Contrôle des Chimiothérapies anticancéreuses (UPC) Unité de Préparation et Contrôle des anticancéreux) | MOULIN Laura (Pharmacie) | FALCONIERI Lorenzo (Hôpital Avicenne – HUPSSD (AP-HP)) | JACOLOT Anne (125 rue de Stalingrad) | PADOIN Christophe (BOBIGNY) |

Introduction : Dans un souci d’amélioration de la qualité et de la sécurité des pratiques, une Evaluation des Pratiques Professionnelles (EPP) est réalisée au sein d’une unité de préparation des anticancéreux (22 000 préparations/an). Cette démarche pluri-professionnelle a pour objectif d’évaluer la connaissance des professionnels de la pharmacie sur la conduite à tenir en cas d’incident d’exposition à un médicament anticancéreux, afin d’améliorer les pratiques et de réduire le risque résiduel de contamination chimique de l’environnement.

Matériels et Méthodes : Une enquête est menée auprès de l’ensemble des personnels concernés (agents, internes, pharmaciens, préparateurs) sous forme de questionnaire quizz informatisé (GoogleForm®) construit avec des questions à réponse unique ou multiple. Une réponse correcte permet d’obtenir 1 point et le questionnaire est noté sur 20. Après cet état des lieux des connaissances, un plan d’amélioration est mis en place avec communication des résultats à l’équipe et intervention corrective sous forme de séance de formation. Enfin, une 2nde évaluation à l’aide du même questionnaire quizz prévoit, 15 jours après la dernière séance de formation, de mesurer l’amélioration des connaissances. Les notes obtenues avant et après formation sont comparées statistiquement selon un test de Wilcoxon/Kruskall-Wallis (Logiciel JMP).

Résultats : Vingt-quatre personnes ont répondu au questionnaire initial (67% de participation). Ces professionnels, majoritairement préparateurs (42%) et pharmaciens (29%) ont obtenu initialement une note moyenne (m) de 11,8/20. Si l’attitude à adopter en cas de bris de flacon est connue pour 17 d’entre eux (71%), 20 ne connaissent pas la localisation exacte du kit de casse (83%). L’attitude à adopter en cas de projection oculaire et de piqûre est en revanche connue de l’ensemble des professionnels sollicités. Parmi les agents interrogés, le personnel ayant reçu une formation spécifique à l’utilisation du kit de casse, obtient une note supérieure (m=14,9/20) à celui non formé (m=10,8/20). L’ancienneté du personnel et sa fréquence d’intervention à l’UPC ne sont en revanche pas associés à des taux plus élevés de réponse conformes. Après correction-formation, la 2nde évaluation a été complétée par 14 des personnes interrogées initialement (58% de participation). Les notes obtenues après ces séances (m=16,9/20) sont significativement supérieures (p<0.05) à celles obtenues au questionnaire quizz initial.

Discussion/Conclusion : Si l’EPP a permis d’apporter une nette amélioration des connaissances du personnel, il sera nécessaire de s’assurer à l’avenir de la transformation des connaissances en compétences notamment à l’occasion d’exercices de simulation.