Résumé 90


Octréotide dans le traitement d’une lymphorrhée post-curage lombo-aortique et pelvien, à propos d’un cas

Thématique : Pharmacie clinique

Auteur(s) :
MALJEAN Laurentine (centre hospitalier Alpes-Léman 558 route de findrol 74130 Contamine sur arves) | MOUFFAK Amelle (centre hospitalier Alpes-Léman 558 route de findrol 74130 Contamine sur arves) | LASSIAZ Caroline (centre hospitalier Alpes-Léman 558 route de findrol 74130 Contamine sur arves) | DIAKHATE Catherine (centre hospitalier Alpes-Léman 558 route de findrol 74130 Contamine sur arves) |

  • Introduction :

La lymphorrhée est un écoulement de lymphe hors des vaisseaux lymphatiques. Il s’agit d’une complication fréquente dans diverses chirurgies. Elles peuvent favoriser des infections et occasionner des prolongations d’hospitalisation.

Le traitement de référence basé sur le drainage percutané est d’efficacité limitée. Plusieurs études proposent l’utilisation d’octréotide pour réduire la lymphorrhée par son puissant effet anti sécrétoire.

  • Matériels et méthodes

Nous rapportons un cas d’utilisation hors-AMM de l’octréotide dans le traitement d’une lymphorrhée post-curage lombo-aortique et pelvien. Dans le cadre du bon usage des médicaments hors-AMM, une recherche bibliographique a été entreprise et le laboratoire contacté. [1]

  • Résultats

La patiente de 68 ans est hospitalisée dans le cadre d’un cancer de l’ovaire. Un curage lombo-aortique et pelvien ainsi qu’une omentectomie et une hystérectomie sont réalisées. Les suites opératoires sont marquées par une infection sur redon pelvien et une lymphorrhée abondante entrainant un prolongement d’hospitalisation d’une dizaine de jours.

La lymphorrhée est initialement prise en charge par le protocole standard : aspiration du drain pelvien (900 cc en 24h) associée à une nutrition parentérale et des perfusions d’albumine. Afin de réduire le volume drainé et de diminuer les besoins de la patiente en albumine, un traitement expérimental par octréotide est décidé. Initialement, la sandostatine® LP 30mg 1 fois par jour est choisie (1403€ le flacon). Une recherche bibliographique  est réalisée par la pharmacie sur les  modalités de prescription de l’octréotide dans cette indication. Devant le peu de données retrouvées, il est décidé d’instaurer un traitement par octréotide (2.5€ le flacon) à 0.1mg 3 fois par jour pendant 5 jours[2].

A l’issue du traitement, une régression de l’épanchement péritonéal est constatée permettant l’arrêt de l’albumine et la reprise d’une alimentation orale. La patiente peut finalement sortir quelques jours après la fin du traitement.

Lors d’une hospitalisation, un mois plus tard, un lymphocèle de 800cc est cependant découvert.

  • Discussion/Conclusion

L’octréotide semble être pertinent afin de réduire la durée et l’importance des lymphorrhées. Une revue de littérature de 2013 propose une prise en charge des lymphorrhées après une chirurgie cervicale[3], d’autres études montrent l’utilité de l’octréotide dans d’autres types de chirurgie. Cependant aucun consensus n’existe quant à cette utilisation hors-AMM. La mise en place d’études cliniques est favorisée par le signalement systématique des prescriptions hors-AMM au laboratoire par le pharmacien.

 

[1] LOI n° 2011-2012 du 29 décembre 2011 relative au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé

[2] P.Carcoforo et al,Octréotide in the treatment of lymphorrhea after axillary node dissection : a prospective randomized controlled trial Journal of American Surgeon 2003

[3] Q Lisan et al. Lymphorrhée après chirurgie cervicale : revue de la littérature — proposition de prise en charge, Annales françaises d’Oto-rhino-laryngologie et de pathologie cervico-faciale 2013

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